IBRAHIM TRAORÉ ENCADRE
Une nécessité pour garantir l’accès à l’éducation
Selon le ministre de l'Éducation de base, de l'Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, cette réglementation est une étape essentielle pour favoriser une éducation plus équitable.
« L'application stricte du décret permettra de faciliter l'accès de tous à l'éducation, en évitant que des frais exorbitants ne deviennent un obstacle pour les familles »
explique-t-il. La montée des coûts dans le privé a souvent été pointée du doigt comme un facteur de marginalisation sociale, rendant l'éducation inaccessible pour une partie importante de la population.
Les détails du décret : ce qui change concrètement
Ce décret, qui concerne différentes catégories d’établissements privés, établit un cadre précis pour la fixation des frais de scolarité. Il concerne.
- Les écoles primaires privées ;
- Les établissements d’enseignement post-primaire et secondaire général, technique et professionnel ;
- Les universités privées ;
- Les grandes écoles et institutions privées d’enseignement supérieur.
Le ministre Dingara précise que
« ces frais incluent les frais de dossier, d'inscription, de formation, de laboratoire ou de paillasse, de soutenance, ainsi que les frais liés à la délivrance du diplôme ou tout autre service pédagogique »
En revanche, les institutions à statut international, créées par des conventions auxquelles le Burkina Faso adhère, sont exclues du champ de cette réglementation.
Une fixation des tarifs basée sur des critères objectifs
Le décret organise la catégorisation des établissements selon une grille de critères bien définis. La zone d’implantation, le niveau d’investissement, la qualité de l’offre éducative ou encore les résultats scolaires seront pris en compte pour déterminer le montant des frais. Pour l'enseignement supérieur, la typologie des études, notamment en régime LMD, sciences médicales, sciences de l'ingénierie ou cycles BTS, sera également intégrée dans cette évaluation.
Les écoles seront notées sur la base de ces critères, ce qui aboutira à leur classement en trois catégories distinctes.
Première catégorie: établissements ayant obtenu une note inférieure ou égale à 50 points ;
Deuxième catégorie : ceux situés entre 51 et 75 points ;
Troisième catégorie : ceux ayant une note supérieure ou égale à 76 points.
Ces distinctions permettent une meilleure régulation des tarifs, en fonction de la catégorie.
Des sanctions pour garantir le respect de la réglementation
Le ministre Dingara a insisté sur la fermeté du gouvernement face aux éventuelles infractions.
« Des sanctions sont prévues pour ceux qui fixeront des frais au-delà de ce que l’arrêté permet »
a-t-il averti. Ces sanctions peuvent aller jusqu’à la fermeture des établissements fautifs, afin de dissuader toute pratique abusive. La mise en œuvre concrète de cette réglementation sera précisée dans une série d’arrêtés interministériels, qui détailleront notamment les modalités d’application et de contrôle.
Un pas vers une éducation plus équitable
Au-delà de la simple fixation des tarifs, cette nouvelle réglementation traduit la volonté du gouvernement burkinabé de promouvoir une éducation plus accessible et équitable. En régulant les frais de scolarité dans le privé, l’État souhaite réduire les inégalités sociales et garantir à chaque enfant un droit fondamental. Celui à l’éducation.
Ce décret intervient dans un contexte de crise sécuritaire et socio-économique, où la stabilité et la cohésion sociale passent aussi par l’éducation. La réforme, si elle est bien appliquée, pourrait constituer une étape importante vers un secteur éducatif plus transparent, responsable et inclusif.