L’IMAM KINDO ARRÊTÉ PAR LA JUNTE
Selon plusieurs sources, le prédicateur a été arrêté après avoir tenu des propos critiques à l’égard d’un projet de loi encadrant l’exercice des libertés religieuses au Burkina Faso. Il avait notamment appelé les autorités à réfléchir davantage aux conséquences de leurs décisions avant de les appliquer.
Des manifestations pour réclamer sa libération
L’arrestation de Mohamed Ishaq Kindo a provoqué une vive réaction dans la capitale burkinabè. Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Ouagadougou pour exiger sa libération.
Cette mobilisation est considérée comme inhabituelle dans un contexte où les manifestations publiques sont devenues rares. Les protestataires ont exprimé leur soutien à l’imam, qui était jusque-là perçu comme proche du pouvoir.
Selon un manifestant cité par l’AFP, le rassemblement a finalement été dispersé par les forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes.
La FAIB appelle au calme
Face à la montée des tensions, la Fédération des associations islamiques du Burkina Faso (FAIB) a publié un message à destination des fidèles musulmans.
Elle déclare. « La FAIB invite l'ensemble des fidèles musulmans au calme, à la retenue et à la sérénité, tout en évitant toute spéculation ou diffusion d'informations non vérifiées ».
Cet appel vise à éviter toute escalade alors que de nombreuses interrogations persistent autour de la situation de l’imam.
Un climat politique de plus en plus tendu
Le Burkina Faso est dirigé depuis près de quatre ans par une junte militaire conduite par le capitaine Ibrahim Traoré. Les autorités sont régulièrement accusées de limiter l’espace d’expression des voix critiques.
Le chef de la junte a déjà exprimé sa méfiance à l’égard du modèle démocratique. Il avait notamment déclaré. « Il faut que les jeunes africains comprennent que c'est faux. Cette notion de démocratie, elle est fausse. C'est juste un bâton que les gens tiennent, et ils le sortent contre les africains et certains peuples. C'est tout. Donc il faut oublier la notion de démocratie ».
Depuis l’arrivée de la junte au pouvoir, plusieurs cas de disparitions ou d’interpellations de personnalités critiques ont été signalés.
La lutte contre le terrorisme invoquée
Les autorités justifient leur politique sécuritaire par la guerre menée depuis plus de dix ans contre les groupes djihadistes qui sévissent dans une grande partie du territoire.
Dans ce contexte, la justice burkinabè a également décidé mardi de suspendre pour trois mois renouvelables l’Union générale des étudiants du Burkina (UGEB), un syndicat connu pour ses prises de position critiques envers le régime. Les autorités évoquent comme motif une « apologie du terrorisme ».