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CRI DE DÉTRESSE DES MAMANS

CRI DE DÉTRESSE DES MAMANS
Combats des mères gabonaises face aux pères absents.

À Libreville, Port-Gentil, Franceville, Oyem ou Mouila, elles sont des milliers à mener le même combat dans l'ombre. Chaque matin, elles se réveillent avec une seule obsession. Trouver de quoi nourrir leurs enfants. Pendant ce temps, certains pères, pourtant parfaitement identifiés, brillent par leur absence. Plus grave encore, beaucoup refusent de participer financièrement à l'entretien de leurs propres enfants, laissant aux mères le poids écrasant de toutes les responsabilités.


Derrière les statistiques invisibles se cachent des drames quotidiens. Des femmes contraintes de multiplier les petits commerces, de solliciter leurs familles ou de s'endetter simplement pour acheter du lait, payer les frais scolaires ou consulter un médecin lorsque l'enfant tombe malade.


Une charge qui repose presque entièrement sur les mères


Dans de nombreux foyers monoparentaux, la mère est devenue à la fois parent, éducatrice, nourricière et protectrice. Lorsque le père se retire de ses obligations, c'est toute l'organisation familiale qui vacille.


« Il peut passer des semaines sans appeler son enfant. Quand je lui demande une aide pour les fournitures scolaires, il me répond qu'il n'a pas d'argent. Pourtant, je le vois régulièrement dans les bars et les fêtes »


raconte une mère de trois enfants rencontrée dans un quartier populaire de Libreville.


Ce témoignage ressemble à des milliers d'autres. Le problème n'est pas toujours la pauvreté. Dans certains cas, il s'agit davantage d'un refus délibéré d'assumer les responsabilités liées à la paternité.


Des enfants qui paient le prix de l'irresponsabilité


Lorsqu'un père refuse de contribuer à l'entretien de son enfant, ce ne sont pas seulement les mères qui souffrent. Les premières victimes sont les enfants eux-mêmes.


Retards de paiement des frais de scolarité, alimentation insuffisante, difficultés d'accès aux soins, manque de vêtements. Les conséquences sont nombreuses. À cela s'ajoute souvent une blessure psychologique profonde.


Comment expliquer à un enfant que son père refuse de participer à son éducation ? Comment lui faire comprendre que celui qui lui a donné la vie ne répond plus présent lorsqu'il s'agit de subvenir à ses besoins les plus élémentaires ?


Pour de nombreux spécialistes de la famille, l'abandon financier est souvent vécu par l'enfant comme une forme de rejet affectif.


Une culture de l'impunité qui perdure


Au Gabon, nombreuses sont les femmes qui dénoncent une forme d'impunité sociale autour de cette question. Certains hommes disparaissent après une séparation et considèrent que leur responsabilité parentale s'est arrêtée avec la fin de leur relation amoureuse.


Une confusion que beaucoup de mères jugent inacceptable.


Être en conflit avec une femme ne dispense pas d'assumer son rôle de père. Pourtant, dans certains cas, l'enfant devient malheureusement un instrument de vengeance ou un dommage collatéral d'une rupture sentimentale.


Plus inquiétant encore, certains pères ne réapparaissent que lorsque l'enfant grandit ou commence à réussir, après avoir laissé la mère affronter seule les années les plus difficiles.


Des mères qui refusent d'abandonner


Malgré les difficultés, les mamans gabonaises font preuve d'une résilience remarquable. Beaucoup développent de petites activités génératrices de revenus, vendent des produits alimentaires, tiennent des commerces de proximité ou exercent plusieurs métiers à la fois pour assurer l'avenir de leurs enfants.


Elles se privent souvent du nécessaire afin que leurs enfants puissent manger, aller à l'école ou recevoir des soins médicaux.


Cette force silencieuse mérite d'être reconnue. Derrière chaque enfant qui réussit malgré l'absence de soutien paternel se trouve généralement une mère qui a refusé de céder au découragement.


La responsabilité parentale ne devrait pas être négociable


La question de la prise en charge des enfants dépasse les querelles de couple. Elle touche à la responsabilité individuelle, à la morale et au respect des droits fondamentaux de l'enfant.


Un père ne rend pas service à son enfant lorsqu'il participe à son entretien. Il accomplit simplement son devoir. Nourrir, soigner, protéger et éduquer son enfant ne devrait jamais être perçu comme une faveur accordée à la mère.


Dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreuses familles gabonaises, l'abandon des responsabilités parentales ne fait qu'aggraver la précarité des foyers et compromettre l'avenir des enfants.


Au final, le véritable courage n'est pas de donner la vie. Le véritable courage consiste à assumer chaque jour les sacrifices qu'impose la parentalité. Et sur ce terrain, force est de constater que de nombreuses mamans gabonaises portent encore, presque seules, un fardeau qui devrait pourtant être partagé à deux.


 

Par Pamphil

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