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FILIÈRE MAÏS : 45 000 TONNES

FILIÈRE MAÏS : 45 000 TONNES
Production maïs Gabon : 45 000 tonnes pour nourrir l'élevage

Longtemps reléguée au second plan, la culture du maïs s’impose désormais comme un pilier de la stratégie de souveraineté alimentaire du Gabon. Face à une dépendance historique aux importations, le pays multiplie les réformes pour structurer ce secteur stratégique. Sous l’impulsion de l'État et de la Société d'Agriculture et d'Élevage du Gabon (SAEG), les autorités encadrent désormais la collecte, le stockage et la commercialisation afin de garantir des débouchés stables aux producteurs locaux.


Réformes et structuration de la filière maïs au Gabon


Le véritable moteur de cette relance réside dans la transition vers une production de masse portée par de grands projets agro-industriels. L'entreprise Agropag, basée à Ntoum, a récemment marqué les esprits en réalisant une première récolte symbolique à grande échelle, saluée par les instances ministérielles. Parallèlement, le déploiement des Zones Agricoles à Forte Productivité (ZAP) à travers le territoire national offre un cadre technique moderne pour maximiser les rendements et attirer de nouveaux investisseurs privés.


Projets agro-industriels et rôle clé des coopératives locales


Sur le terrain, la dynamisation de la filière repose également sur un réseau actif de coopératives villageoises solidement soutenues. Dans la Ngounié, notamment du côté de Lébamba et Ndendé, des distributions massives de semences sélectionnées ont permis de booster les surfaces cultivées. Des initiatives collectives, à l'image de la plateforme Gabon Agricole lancée par l'ONG IDRC Africa et la coopérative COOPAOM, structurent les petits exploitants pour créer une chaîne de valeur solidaire et compétitive.


L'enjeu ultime de cette émancipation agricole est économique : approvisionner l’industrie locale de l’élevage à un coût abordable. Le maïs récolté est prioritairement transformé en provende pour l'aviculture et le bétail, un secteur jusqu’ici asphyxié par les prix élevés des intrants importés. En développant cette autonomie, le Gabon fait d'une pierre deux coups : il sécurise son élevage national tout en traçant la voie vers une diversification durable de son économie.


La production de maïs au Gabon se chiffre historiquement autour de 45 000 tonnes (kt) par an. Pour l'année 2025, l'organisation Africa Agriculture Watch (AAgWa) projette une hausse de 4 % pour atteindre 60 677 tonnes, portée par des départements clés comme l'Okano (plus de 7 000 tonnes), selon Helgi Library +1.


Souveraineté alimentaire : nourrir l'élevage pour réduire les importations


Malgré ces efforts, le secteur agricole gabonais dépend encore à plus de 60 % des importations. Le pays engloutit chaque année environ 550 milliards de FCFA pour acheter sa nourriture à l'étranger, dont 65 milliards de FCFA rien que pour la volaille importée. L'objectif des Zones Agricoles à Forte Productivité (ZAP) reste d'atteindre à terme un seuil révisé de 200 000 tonnes combinées de maïs et de soja pour nourrir le bétail local, selon AGENCE ECOFIN.





Par Pamphil

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