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PLUS DE 2,3 MILLIONS DE TONNES

PLUS DE 2,3 MILLIONS DE TONNES
Le Cameroun consolide son leadership avec 2,3Mt de maïs produits

La production de maïs au Cameroun stagne entre 2,18 et 2,36 millions de tonnes par an, un volume insuffisant pour couvrir une demande nationale supérieure à 3 millions de tonnes, pourtant portée par l'alimentation, la brasserie et l'élevage. Malgré un déficit structurel permanent nécessitant des importations, le pays maintient des exportations vers la zone CEMAC, notamment le Gabon.


Le paradoxe entre la production nationale et les importations


Le Cameroun fait face à un défi de taille qui fragilise son économie agricole. Malgré une production locale en constante progression, estimée à plus de 2,3 millions de tonnes, le pays souffre d'un déficit structurel majeur. Pour combler les besoins pressants des agro-industries et des éleveurs, l’État est contraint de recourir massivement aux importations, créant une dépendance coûteuse. Face à cette menace, les autorités ont parfois dû ordonner des suspensions d'importations afin de protéger les producteurs locaux contre la concurrence agressive des marchés étrangers.


1,8 tonne par hectare


Le potentiel agricole national reste fortement freiné par une productivité insuffisante sur le terrain. Avec un rendement moyen qui oscille autour de 1,8 tonne par hectare, le Cameroun se situe loin des standards mondiaux et des performances de leaders africains comme l'Afrique du Sud. Cette faiblesse structurelle s'explique par l'utilisation prédominante d'outils rudimentaires et par un accès encore trop marginal aux intrants modernes. La généralisation de semences améliorées représente aujourd'hui le principal levier pour briser ce plafond de verre et intensifier les récoltes.


Le coût de production et la vulnérabilité des petits producteurs


L'organisation économique de la filière expose les acteurs les plus fragiles à une grande précarité. Investir dans un hectare de maïs requiert environ 428 000 FCFA, un coût de production élevé qui asphyxie les petits exploitants face à des concurrents internationaux lourdement subventionnés. Ce secteur, fragmenté à plus de 80 % en micro-fermes familiales, souffre d'un manque criant de structuration. Sans un regroupement fort en coopératives, ces producteurs isolés peinent à négocier des prix justes et à standardiser leurs techniques de culture.


L'urgence de l'agro-transformation et du stockage


Le chemin menant du champ à l'assiette est semé d'embûches logistiques qui déciment une partie de la richesse créée. Chaque année, l'absence d'infrastructures de séchage modernes et de silos de stockage adaptés provoque d'importantes pertes post-récoltes, notamment durant la difficile saison des pluies. Pour inverser la tendance, le Cameroun doit impérativement basculer vers l'agro-transformation locale. Valoriser le maïs brut en provende pour le bétail ou en farine industrielle permettrait de capter la valeur ajoutée et de sécuriser les revenus de la filière.


La résilience face aux menaces climatiques et biologiques


L'avenir de la culture du maïs s'inscrit désormais dans un contexte environnemental de plus en plus hostile et imprévisible. Le changement climatique impose son rythme à travers des sécheresses prolongées, des canicules et des perturbations des cycles de pluies qui déstabilisent les calendriers agricoles. À ces chocs climatiques s'ajoute la pression constante des ravageurs et des maladies biologiques. La survie de la filière dépendra de sa capacité à adopter des technologies semencières écoénergétiques et des variétés résilientes pour sécuriser l'avenir.


Le maïs, fer de lance de l'intégration sous-régionale


Malgré ces obstacles, le maïs demeure le moteur incontestable du développement rural et de la sécurité nutritionnelle au Cameroun. Cette culture à cycle court fait vivre plus de six millions d'acteurs et soutient directement l'essor stratégique des filières avicoles et porcines nationales. En résolvant ses problèmes de productivité, le Cameroun a toutes les cartes en main pour s'imposer comme le grenier céréalier de la zone CEMAC. Ce leadership permettrait non seulement de nourrir le pays, mais aussi de réduire la facture alimentaire globale de l'Afrique centrale.


La partie sur le Gabon   




  • « Le Gabon produit 45 000 tonnes ». Les 45 000 tonnes ne représentent pas un objectif futur, mais correspondent plutôt à la production historique annuelle moyenne du Gabon.




  • L'organisation Africa Agriculture Watch (AAgWa) projette d'ailleurs une récolte d'environ 60 000 tonnes. 




  • Quant aux ambitions officielles à moyen terme via les Zones Agricoles à Forte Productivité (ZAP), le Gabon voit beaucoup plus grand et ambitionne d'atteindre les 200 000 tonnes de maïs et de soja afin de réduire drastiquement sa dépendance aux importations de volaille.




 






Par Pamphil

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