GABON – MARCHÉ DU BOIS, UNE STABILITÉ FRAGILE FACE AUX DÉFIS LOGISTIQUES ET FISCAUX
Le secteur forestier gabonais affiche une activité globalement stable au cours de la première quinzaine de mai 2026, porté par une demande intérieure solide. Toutefois, les opérateurs font face à un faisceau de contraintes opérationnelles, logistiques et fiscales qui fragilise progressivement la filière.
Une demande locale soutenue, des prix en hausse
Selon l’Organisation internationale pour les bois tropicaux (OIBT), la demande intérieure en okoumé et en bilinga demeure robuste, soutenue par les besoins de la construction locale et du logement. À la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok, les grumes de déroulage d’okoumé se négocient autour de 85 000 FCFA/m³, et jusqu’à 90 000 FCFA/m³ pour les grades de qualité supérieure. En revanche, l’okoumé scié enregistre une hausse sensible au détail, atteignant désormais entre 140 000 et 150 000 FCFA/m³.
À l’export, les acheteurs chinois font leur retour sur le marché de l’okoumé, en dépit d’importants stocks de grumes tropicales mixtes encore disponibles dans le port de Zhangjiagang.
Des freins logistiques persistants
L’OIBT souligne que la filière continue de souffrir de lourdes contraintes logistiques. Si la route entre Okondja et Makokou a été partiellement réhabilitée, les pluies saisonnières rendent les transports aléatoires. Des chantiers routiers sont toujours en cours dans le centre du pays, notamment à Lastoursville, Lopé et Makokou. Dans des conditions normales, rallier le port d’Owendo nécessite trois jours de trajet, un délai régulièrement allongé par les intempéries. Les fréquentes coupures d’électricité viennent par ailleurs perturber l’outil industriel.
Une pression fiscale et réglementaire accrue
Sur le plan réglementaire, les producteurs font face à un durcissement des contrôles. La Forestry Task Force a intensifié ses inspections et ciblé plus de cinquante entreprises redevables d’obligations fiscales impayées. La taxe foncière, dont l’échéance remontait au 21 mars 2026, pèse par ailleurs lourdement sur les trésoreries.
Fragilisées par la morosité du marché et la hausse des taxes à l’exportation introduites en début d’année, de nombreuses sociétés sollicitent des plans d’échelonnement de paiement, selon l’OIBT. Un signal qui traduit les difficultés structurelles d’un secteur pourtant stratégique pour l’économie gabonaise.