MVET OYENG À L’UNESCO
Un chef-d'œuvre menacé de disparition
Le symbole le plus éclatant de cette richesse est sans conteste le Mvet Oyeng. Cet art total, mêlant musique, poésie, conte et philosophie, est profondément ancré dans l'identité du peuple Fang. Récemment inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l'UNESCO, le Mvet n’est pas une simple relique du passé. C'est une bibliothèque orale qui véhicule les lois, l'histoire et la cosmogonie d'une communauté.
Cependant, sa survie dépend entièrement de la transmission orale. Face à l'urbanisation rapide, à la mondialisation et à la disparition des derniers grands maîtres initiés, le Mvet Oyeng court le risque de s'éteindre. L'enjeu de cet atelier de cinq jours dépasse la simple célébration. Il s'agit de former des formateurs capables de documenter, de répertorier et de transmettre ces savoirs aux jeunes générations gabonaises avant qu'il ne soit trop tard.
La culture au cœur du développement et de la diplomatie
Cette session de formation illustre également la mise en œuvre concrète de la "Priorité Afrique" de l'UNESCO. Elle bénéficie d'un soutien international de poids, notamment du Centre international de formation pour la région Asie-Pacifique et de la diplomatie chinoise, représentée par l'ambassadeur Zhou Ping. Cette convergence d'intérêts montre que le patrimoine vivant n'est plus seulement une affaire locale, mais un outil d'influence géopolitique et de rapprochement entre les peuples.
Pour le gouvernement gabonais, l'enjeu est aussi socio-économique. Comme l'a souligné le ministre de la Culture, Paul Ulrich Kessany, la reconnaissance de ce patrimoine vivant doit servir de levier. Au-delà de la fierté nationale, la structuration de ces savoir-faire traditionnels peut générer des industries culturelles viables. En protégeant ses traditions, le Gabon ne fait pas que regarder vers son passé. Il construit une économie de la culture capable de faire rayonner Libreville à l'international.
Ouverture d’un atelier stratégique sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
À Libreville, la préservation de la mémoire vivante des peuples est désormais au cœur de l’action culturelle. Un atelier de formation sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel s’est ouvert dans la capitale gabonaise, réunissant experts, institutions publiques et partenaires internationaux autour d’un objectif commun. Renforcer les capacités nationales en matière de protection du patrimoine vivant.
Une coopération internationale au service du patrimoine vivant
Un atelier de formation sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel s'est ouvert lundi à Libreville, capitale du Gabon, réunissant des experts et acteurs institutionnels dans le cadre d'une initiative conjointe de l'UNESCO, du gouvernement gabonais et de partenaires régionaux.
Organisée avec le soutien du Centre international de formation pour le patrimoine culturel immatériel de la région Asie-Pacifique, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de coopération internationale renforcée. Elle intervient dans le cadre de la mise en œuvre de la "Priorité Afrique" de l'UNESCO, qui vise à donner une place centrale aux savoirs et expressions culturelles du continent dans les politiques de sauvegarde.
Diplomatie culturelle et engagement des partenaires
La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités de premier plan, témoignant de l’importance stratégique accordée à cette initiative. Parmi elles, l’ambassadeur de Chine au Gabon, Zhou Ping, un ministre Gabonais, ainsi que le représentant du bureau de l’UNESCO au Gabon, Marco Patricio Zambrano Restrepo.
Soulignant la portée universelle du patrimoine vivant, M. Zhou a déclaré que
« le patrimoine culturel immatériel constituait l'histoire vivante des peuples », rappelant que cette formation s’inscrit dans le cadre de
« l’Année des échanges entre peuples Chine-Afrique ».
Le Mvet Oyeng, symbole d’un patrimoine vivant reconnu
Prenant la parole, le ministre Paul Ulrich Kessany a mis en avant les avancées du Gabon dans la reconnaissance internationale de ses expressions culturelles. Il a notamment évoqué l’inscription de la musique traditionnelle du Mvet Oyeng sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Selon lui, cette reconnaissance constitue une illustration éloquente de la richesse, de la diversité et du potentiel du patrimoine vivant gabonais, tout en renforçant la nécessité de former davantage d’acteurs capables d’en assurer la transmission.
Former pour mieux préserver
Pendant cinq jours, les participants suivront un programme intensif combinant formation théorique, études de cas et exercices pratiques sur le terrain. Encadrés par des formateurs accrédités par l’UNESCO, ils seront initiés aux méthodes d’identification, de documentation et d’élaboration d’inventaires du patrimoine immatériel.
Cette approche vise à doter les acteurs nationaux d’outils techniques solides pour mieux inventorier et protéger les traditions, les savoir-faire et les expressions culturelles menacées par les mutations sociales et économiques.
Un enjeu de transmission pour les générations futures
Au-delà de la formation, cet atelier s’inscrit dans une vision plus large. Celle de la sauvegarde durable du patrimoine culturel immatériel comme levier d’identité, de cohésion sociale et de développement.
Dans un monde en mutation rapide, le Gabon entend ainsi renforcer sa capacité à préserver ce qui ne se voit pas mais se transmet. Les chants, les rites, les savoirs et les pratiques qui constituent l’âme de ses communautés.