KINSHASA, CAPITALE DES SÉRIES AFRICAINES
Le lancement officiel des activités du festival est intervenu le 29 juin au Centre Wallonie-Bruxelles, à Kinshasa, au cours d'une conférence de presse réunissant les initiateurs du projet, des professionnels du secteur audiovisuel ainsi que plusieurs partenaires institutionnels et privés.
Faire de Kinshasa un carrefour de l'audiovisuel africain
Pendant huit jours, la capitale congolaise accueillera producteurs, réalisateurs, scénaristes, comédiens, techniciens, diffuseurs, plateformes numériques, investisseurs et décideurs publics autour d'un programme particulièrement riche. Des projections officielles, des compétitions, des avant-premières, des conférences, des ateliers de formation, des masterclasses, des rencontres professionnelles ainsi qu'un marché des contenus audiovisuels africains rythmeront cette première édition.
À travers cette initiative, les organisateurs souhaitent positionner Kinshasa comme un véritable pôle d'échanges et de coopération pour les acteurs de l'industrie audiovisuelle africaine, dans un contexte où les séries produites sur le continent connaissent une visibilité croissante sur les plateformes de diffusion internationales.
Combler le retard de la RDC
Pour les responsables du festival, le FISTA répond à une attente exprimée depuis plusieurs années par les professionnels africains, celle de disposer d'un espace exclusivement consacré aux séries télévisées, un secteur devenu l'un des plus dynamiques des industries culturelles.
Intervenant lors de la cérémonie de lancement, Alain Ilunga, membre de la coordination du festival, a dressé un constat sans détour sur la place encore modeste qu'occupe la RDC dans l'économie créative africaine.
Selon lui, les professionnels congolais demeurent insuffisamment représentés dans les grands rendez-vous internationaux, contrairement à plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Il estime que le manque de réseaux professionnels, de mentorat et de mécanismes d'accompagnement freine encore l'émergence des talents congolais. Le FISTA entend ainsi offrir une vitrine aux créateurs, producteurs, réalisateurs et comédiens du pays, tout en favorisant leur intégration dans les circuits africains et internationaux.
Au-delà de la promotion des œuvres, le festival ambitionne également de soutenir le financement de projets audiovisuels, de renforcer les compétences techniques et de favoriser les échanges entre professionnels du continent.
Une ambition panafricaine
Les organisateurs insistent sur la dimension continentale du projet. Le coordinateur général du festival a expliqué que le FISTA est conçu comme un événement panafricain appelé à circuler d'un pays à l'autre selon un principe de rotation, à l'image des grandes compétitions sportives africaines.
Chaque édition permettra ainsi au pays hôte de mettre en valeur son industrie audiovisuelle, son patrimoine culturel, ses talents et son hospitalité. Cette approche vise à bâtir une plateforme durable capable de rapprocher les créateurs africains et de stimuler les coproductions entre les différents marchés du continent.
Au-delà du rendez-vous culturel, les promoteurs défendent la vision d'une Afrique qui raconte elle-même ses histoires, investit dans son économie créative et transforme ses productions audiovisuelles en levier de développement économique, culturel et diplomatique.
Un marché africain des séries
Le festival s'articulera autour de six axes majeurs : la promotion des séries africaines, la formation des professionnels, le développement des partenariats et des coproductions, l'innovation numérique, le renforcement du marché audiovisuel africain ainsi que le rayonnement de la culture du continent.
L'objectif affiché est de contribuer à l'émergence d'un véritable écosystème économique autour des productions africaines tout en améliorant leur visibilité sur les marchés internationaux.
Les candidatures déjà ouvertes
Les inscriptions sont désormais ouvertes sur le site officiel du festival. Douze pays sont éligibles à cette première édition, parmi lesquels la RDC, le Nigeria, l'Afrique du Sud, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Kenya, l'Angola ou encore la Tanzanie.
Les organisateurs accepteront les séries télévisées, les web-séries et les mini-séries produites ou diffusées entre 2023 et 2025. Les candidats devront notamment justifier des droits de diffusion de leurs œuvres, présenter au moins deux épisodes finalisés et fournir un dossier technique complet répondant aux standards professionnels.
Au terme du festival, 42 trophées seront décernés dans plusieurs catégories récompensant aussi bien les meilleures productions que les métiers artistiques et techniques. Des distinctions spéciales honoreront également les jeunes talents, les œuvres à impact social, les innovations numériques ainsi que les personnalités ayant marqué l'histoire des séries africaines.