ÉTAT D’URGENCE HYDRIQUE : À LIBREVILLE, L’EAU EST DEVENUE UN BIEN PRÉCIEUX
La crise de l’eau potable s’aggrave à Libreville et dans plusieurs localités du Gabon. Face à la faible pluviométrie et à la vétusté des infrastructures, le gouvernement a décrété, le 1er juillet 2026, l’état d’urgence hydrique sur l’ensemble du territoire. Dans la capitale, les habitants doivent désormais multiplier les solutions pour accéder à une ressource devenue essentielle… et de plus en plus rare.
Une pénurie qui bouleverse le quotidien
Au PK8, dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville, Yves Faride attend son tour devant un point d’eau avec plusieurs bidons. Depuis une semaine, son robinet est à sec.« Ça fait une semaine jour pour jour qu’on n’a pas d’eau au robinet. Ce n’est pas normal », déplore-t-il.
Même constat pour Jean Basile Ngui Allogo, 86 ans, qui affirme n’avoir jamais vécu une telle situation. Pour couvrir ses besoins, il utilise désormais l’eau d’un puits qu’il a fait creuser à son domicile.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants expliquent que l’eau ne coule parfois qu’une ou deux heures. Beaucoup sont contraints de se lever plusieurs fois dans la nuit pour remplir leurs réserves dès que le réseau est alimenté.
Une habitante résume la situation avec une formule devenue virale : « L’eau est plus rare qu’un billet de 10 000 francs CFA. »
Les forages deviennent indispensables
Face aux coupures répétées, les forages privés constituent désormais la principale source d’approvisionnement dans plusieurs quartiers. À Avéa, Samy met son forage à la disposition des habitants, qui viennent quotidiennement y remplir leurs bidons.
Selon lui, cette eau est consommée par tout le voisinage et aucun problème sanitaire majeur n’a été signalé jusqu’à présent.
Une distribution d’eau… mais à un coût
Pour faire face à cette crise, le gouvernement a mobilisé les forces armées afin d’assurer la distribution d’eau dans les zones les plus touchées. Cette aide reste toutefois payante.
Les populations doivent s’acquitter de 3 000 FCFA pour 1 000 litres d’eau, 600 FCFA pour 200 litres et 300 FCFA pour les plus petits récipients.
Si ces tarifs permettent de couvrir une partie des besoins urgents, ils représentent une dépense supplémentaire pour de nombreux ménages déjà confrontés au coût élevé de la vie. En attendant des solutions durables et la réhabilitation des infrastructures d’approvisionnement, les Librevillois continuent de s’adapter à une crise qui transforme progressivement l’eau en un bien précieux.