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TVA DUE : MORATOIRE POUR LE BOIS

TVA DUE : MORATOIRE POUR LE BOIS
Gabon : l'État doit 20 milliards de TVA au bois.

Le secteur forestier gabonais, pilier économique et social du pays, se trouve à la croisée des chemins. Plusieurs entreprises majeures, dont l'activité est fortement dépendante du remboursement de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), se retrouvent étranglées financièrement. En cause, un arriéré de presque 20 milliards de francs CFA que l'État gabonais tarde à restituer. Cette situation a conduit les principaux industriels à alerter le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, lors d’une séance de travail organisée début juillet.


Une rencontre diplomatique pour débloquer la situation


Hermann Immongault a reçu une délégation constituée des ambassadeurs de l'Union européenne, de la France, de l’Italie et de l’Espagne, venus porter la voix des entreprises européennes actives dans la filière bois, notamment Arbor, CEB, Precious Woods et Thébault. Ces sociétés traversent une crise financière aiguë, liée au non-remboursement de la TVA par l’État, qui met en péril leur capacité à poursuivre leurs opérations.


L’enjeu est d’importance puisque la filière bois reste le deuxième plus grand employeur du pays, après le secteur public, et contribue significativement aux recettes économiques nationales. La trésorerie de ces entreprises est littéralement asphyxiée par cette dette fiscale accumulée.


Concurrence et lourdeurs administratives : un double défi


Au-delà de la problématique fiscale, les industriels ont aussi évoqué les difficultés administratives récurrentes, notamment dans le cadre du renouvellement des permis d’exploitation forestière. Ces entraves ralentissent l’activité et fragilisent la compétitivité des entreprises.


Par ailleurs, un autre point de préoccupation est la concurrence jugée inéquitable avec les industries installées dans la Zone d’Investissement Spéciale (ZIS) de Nkok. Ces dernières bénéficient d’avantages fiscaux qui ne sont pas accessibles à leurs homologues opérant en dehors de cette zone, creusant ainsi un fossé dans les conditions d’exploitation.


Un engagement ferme pour un moratoire de remboursement


Face à ce constat, la réunion, élargie aux ministres en charge des Eaux et Forêts ainsi que du Budget, a permis d’examiner les différentes revendications. Hermann Immongault a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir la filière bois dans le cadre des recommandations du Haut Conseil pour l’Investissement (HCI).


Concrètement, il a annoncé la mise en place d’un moratoire de remboursement de la TVA, étalé sur une période définie, afin de permettre aux entreprises de surmonter cette épreuve financière et de rétablir la confiance avec les investisseurs.


Vers un équilibre entre exploitation et protection environnementale


Les discussions ont également porté sur les perspectives de développement durable du secteur. Tous les acteurs présents ont souligné la nécessité d’harmoniser les pratiques d’exploitation forestière avec la préservation des richesses naturelles du Gabon, tout en encourageant le développement de l’écotourisme.


 


 


 


 

Par Pamphil

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