LA FRANCE INTERDIT À UN AVOCAT FRANÇAIS DE QUITTER L’HEXAGONE
Emprisonné depuis juillet 2023, la candidature d’Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de 2024, fait des vagues. Elle connaît un nouveau rebondissement. Jeudi 2 novembre 2023, le représentant de l'opposant sénégalais a indiqué s'être heurté à un nouveau refus de l'administration sénégalaise de lui délivrer des documents nécessaires à la candidature de M. Sonko à la présidentielle de 2024. Vendredi 3 novembre, l’avocat français du leader de l’opposition sénégalaise a annoncé que la France est en train de faire bloc derrière le pouvoir de Dakar pour réduire au maximum les chances de son client de se présenter au prochain scrutin présidentiel.
La France a choisi son camp. Elle va dérouler le tapis rouge au président Macky Sall pour la prochaine présidentielle. Elle défends ses intérêts même si c’est au prix d’un coup de canif contre la démocratie sénégalaise. La France préconise une démocratie à géométrie variable au sujet de la candidature de Sonko. La démocratie n’a pas la même couleur à Paris qu’à Dakar. On peut la tordre en Afrique, surtout lorsque cela vient de l’ancienne puissance colonisatrice. Ce qui arrive à Sonko au Sénégal ne pouvait pas se passer en France, où un candidat à la présidentielle est détenu en prison à cause d’une simple contradiction. Voilà une république qui fait une ingérence dans les affaires internes d'une autre république. C’est pourquoi l’avocat français de Sonko peste. « La France m’interdit de quitter le territoire », a-t-il annoncé sur sa page Facebook. La France, son propre pays, lui interdit de quitter le territoire national comme s’il avait commis un délit. Me Juan Branco juge cocasse la position de la France devant le bras de fer qui met aux prises Sonko et le pouvoir de Dakar.
Une parodie de justice
La France veut l’empêcher de plaider sur place au Sénégal pour son client. Une main politique serait derrière cette marche arrière de la justice française. L’avocat crie à une parodie de justice. « La France m’interdit de quitter le territoire au moment où le Sénégal demande à la Cour de justice de la CEDEAO de m’empêcher de plaider, en prévision de l’audience du 6 novembre. La mise en scène est si ridicule qu’elle ne manque pas d’étonner », a révélé Me Juan Branco. Me Juan Branco, avocat réputé et écrivain, est devenu une figure emblématique au regard de son implication en faveur des droits de l’homme.