TASK-FORCE: DES SURFACTURATIONS À OUTRANCE
Le rapport d’étape de la taskforce sur la dette intérieure et extérieure, livré le 15 novembre 2023, éclabousse plusieurs entreprises. C’est le cas du chantier de construction lycée technique de Gamba, d’un montant initial de 12 milliards FCFA. La taskforce a dévoilé «un dépassement budgétaire final de 3,5 milliards ne correspondant à aucune nécessité technique démontrée».
Mise en place par les nouvelles autorités gabonaises pour lutter contre les détournements de fonds publics. son rapport d’étape après 60 jours de travail met en avant plusieurs irrégularités constatés durant cette période.
La croissance exponentielle de la dette est causée notamment par la multiplication des surfacturations liées à des magouilles entre dirigeants d’entreprises et hauts fonctionnaires, Selon ce rapport 32% des dossiers ont connu des suites judiciaires. 68% des affaires sont encore en cours d’instruction d’autres ont été classées sans suite.
Sur le chantier du «stade d’Oyem», le rapport constate un dépassement budgétaire de 47%, passant de 45 à 66 milliards de francs CFA, dû à une «surévaluation manifeste des quantités et des coûts unitaires». Sur l’axe routier «route Ndjolé-Medouneu», le rapport cite «des surfacturations de l’ordre de 2,8 milliards de francs CFA sur les seuls marchés de gros œuvre, soit près de 30% du montant initial». Concernant le projet de réhabilitation des voiries de Libreville la task force épingle «des prix au mètre carré anormalement élevés ayant occasionné un surcoût de 12 milliards de francs CFA».
Des cas ahurissant de surfacturation
La task force met également en relief de «graves irrégularités» dans l’attribution du marché de «fourniture de médicaments génériques au CHU de Libreville», citant «des différences de prix de 200 à 300% par rapport aux prix pratiqués dans la sous-région». Au sujet du contrat de «rénovation des lycées techniques», l’étude dénonce «l’absence totale de mise en concurrence et de publicité préalable pour un montant de 9,5 milliards de francs CFA».
Pour le cas du Plan de relogement des personnes déplacées par l’aménagement des bassins versants de Gué-Gué et Terre-Nouvelle (20 milliards FCFA), le rapport indexe «l’acquisition de parcelles à des prix 3 fois supérieurs à leur valeur réelle». Tandis que sur le projet d’eau potable du Grand Libreville (58 milliards FCFA), des «surfacturations sur les fournitures de tuyaux» sont mises en avant, avec «des écarts de prix de 45 à 60% par rapport aux prix du marché».