UN ENFER DE QUATRE ANS DANS UNE CELLULE DE 6 MÈTRES CARRÉS
Enfermé dans l’obscurité totale dans une minuscule cellule de 6 m2 aux murs et à la porte totalement aveugles, Brice Laccruche Alihanga, a été mis au supplice durant ses quatre ans de détention. Arrêté le 3 décembre 2019, il a été libéré le 20 octobre 2024. Dans sa microscopique cellule, il y avait un trou au milieu de la pièce en guise de WC, explique-t-il dans une interview à Jeune Afrique.
La porte s’ouvrait à 6h du matin, le temps de récupérer les déchets, puis elle se refermait. La porte restait ouverte pendant quelques minutes pour la ration pénitentiaire constituée d’un pain et d’une boîte de sardines tous les jours. Et à 16h, c’était la fermeture jusqu’au lendemain. Et ce, 7 jours sur 7, pendant quatre longues années.
« J’étais dans une cellule de 6 m2 aux murs et à la porte totalement aveugles. Un trou au milieu de la pièce en guise de WC arbitraire. Nous avons subi des actes de torture impossibles à résumer en quelques mots», indique-t-il.
Brice Laccruche Alihanga était censé fermer son clapet au milieu des ténèbres de sa cellule
Son quotidien était vraiment infernal. Ses proches étaient détenus dans une annexe, qui n’est pas accessible au reste de la prison centrale de Libreville communément appelé B2. Chacun d’eux était astreint au silence complet. Brice Laccruche Alihanga était interdit de la moindre lecture. Il était interdit également d’écrire. Il n’avait droit ni à un crayon ni au papier. Interdiction lui avait été faite aussi de parler. Il devait rester muet comme une carpe. Ce n’est qu’à l’issue de sa première année de détention qu’une bible lui a été offerte. Il n'avait droit à aucune visite ni à aucune sortie de sa cellule, ne serait-ce que pour cinq minutes.