LE MALI DISSOUT SES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC L'UKRAINE
Le gouvernement du Mali a annoncé, dimanche 4 août 2024, la rupture, avec effet immédiat, de ses relations diplomatiques avec l'Ukraine, dans un communiqué lu par le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du Gouvernement. Le gouvernement malien a justifié sa décision par "l'implication reconnue et assumée de l’Ukraine dans l’agression caractérisée du Mali", lors des combats survenus les 25, 26 et 27 juillet 2024, à Tinzaouatene dans la région de Kidal, près de la frontière algérienne, entre les Forces armées maliennes (FAMa) et les rebelles du Cadre stratégique pour la défense du peuple de l'Azawad, (CSP-DPA) et des groupes faisant allégeance à al-Qaïda dans la région.
L’ingérence ukrainienne a été constatée, selon Dakar et Bamako, via une vidéo partagée par l’ambassadeur d’Ukraine à Dakar (Sénégal) sur la page Facebook de l’ambassade. Le porte-parole du renseignement ukrainien, Andriy Yusov, se félicite dans cette vidéo, d’avoir fourni des informations aux rebelles Touaregs du CSP avant leurs affrontements avec les Forces armées maliennes. L’ambassadeur Yurii Pyvovarov aurait aussi indiqué dans la même vidéo qu’il accorde tout son soutien à l’action rebelle.
Le soutien de l’Ukraine au terrorisme international
En riposte à cette vidéo, l’ambassadeur ukrainien a été convoqué par le ministère sénégalais des Affaires étrangères qui lui a rappelé ses obligations de discrétion, de retenue et de non-ingérence. La vidéo controversée a été supprimée des réseaux. Sur la même lancée, le colonel Maïga a annoncé son intention d'alerter les instances régionales et internationales, ainsi qu’aux États qui soutiennent l’Ukraine, en leur indiquant que ce pays a ouvertement et publiquement affiché son appui au terrorisme. En conséquence, le Mali considère le soutien à l’Ukraine comme un soutien au terrorisme international.
Rappelons que les 25 et 27 juillet 2024, Tinzaouatene dans la région de Kidal, nord du Mali, a été le théâtre de farouches combats entre les Forces armées maliennes (FAMa) et les rebelles du Cadre stratégique pour la défense du peuple de l'Azawad, (CSP-DPA). L'armée malienne a perdu de nombreux militaires dans cette bataille.