ORANO, GÉANT FRANÇAIS DE L'URANIUM, ANNONCE LA PERTE DE CONTRÔLE DE SA FILIALE
La tension monte entre le géant français de l'uranium Orano et les autorités nigériennes. Ce mercredi 4 décembre 2024, Orano a annoncé que la junte militaire au pouvoir avait pris le contrôle opérationnel de Somaïr, sa dernière filiale active au Niger, interrompant ainsi la production d'uranium exportable. Le groupe français évoque désormais une action en justice.
Orano, qui détient 63% des parts de Somaïr, se dit victime d'une ingérence dans le fonctionnement de la société. Le communiqué d'Orano déplore l'inapplication des décisions prises en conseil d'administration, notamment celle du 12 novembre visant à suspendre les dépenses de production pour préserver les salaires et l'outil industriel. Pour Orano, ces dépenses continuent malgré tout, aggravant la situation financière de Somaïr.
Le blocage s'accompagne d'une accumulation de stocks d'uranium sur le site, atteignant 1150 tonnes, soit six mois de production, et d'une valeur estimée à 200 millions d'euros. L'exportation est impossible en raison du refus nigérien de rouvrir sa frontière avec le Bénin, et la junte a rejeté des solutions alternatives comme le transport aérien vers la Namibie.
Cette escalade intervient après la confiscation en juin dernier du permis d'exploitation du gisement d'Imouraren à Orano. Les autorités nigériennes, qui cherchent de nouveaux partenaires, ont ouvert la voie à des concurrents russes, turcs et iraniens. Cette décision s'inscrit dans un contexte plus large de tensions avec le groupe français et souligne la volonté de Niamey de diversifier ses partenariats.
Orano menace désormais de porter l'affaire devant les tribunaux, affirmant vouloir défendre ses droits. La situation pourrait déboucher sur un conflit majeur impliquant des enjeux financiers importants et des conséquences potentielles sur la production d'uranium au Niger. Cette crise expose clairement la fragilité des relations entre la France et le Niger, et plus largement, l'importance de l'uranium dans l'économie nigérienne.