LUTTER CONTRE LA CORRUPTION SOUS TOUTES SES FORMES EN 2025
Au cours d’une allocution marquante devant les hauts fonctionnaires et personnalités politiques gabonaises, le 14 janvier 2025, le Premier ministre Raymond Ndong Sima a posé les jalons de l’année 2025 pour l’administration gabonaise. Dans un discours structuré autour des grands chantiers de réformes et de transformation numérique, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de moderniser les structures administratives et de renforcer la lutte contre la corruption. Ses propos, fermes et clairs, ont tracé la feuille de route pour les mois à venir. Il a par ailleurs mis l’accent sur la transparence, la performance et la digitalisation.

Raymond Ndong Sima a commencé son discours en prenant acte des avancées réalisées en 2024, notamment avec le rétablissement des institutions politiques et la mise en place de nouveaux cadres législatifs, tels que la création d'une nouvelle constitution et d'un code électoral révisé. Mais il a aussi lancé un appel fort à une transformation numérique accélérée pour 2025.
"L'année 2025 sera celle où la digitalisation de l'administration s'accélérera"
a-t-il affirmé. Il a insisté sur la priorité donnée à la simplification des procédures administratives. Il a souligné que cette transformation vise à
"accroître l'efficacité et les pratiques administratives pour mieux servir les usagers"
Dans son discours, le Premier ministre a précisé que l’objectif de cette digitalisation est de
"renforcer la relation de confiance entre l'usager et l'agent public"
et de
"rénover les processus décisionnels au sein de l'administration"
afin qu'ils soient plus ouverts, inclusifs et participatifs. Cette démarche de modernisation, qui portera sur le cœur de l'administration, vise à optimiser l'action publique, en utilisant la technologie pour rendre les services plus efficaces et transparents.

Au-delà de la digitalisation, Raymond Ndong Sima a également abordé un autre sujet épineux : la lutte contre les mauvaises pratiques qui perdurent au sein de l’administration.
"On croyait que la seule proclamation de la restauration suffirait à éloigner ces habitudes"
a-t-il expliqué. Il a indiqué qu’en dépit des efforts, certaines mauvaises habitudes semblaient avoir repris du poil de la bête. Il a fait référence à la célèbre maxime selon laquelle
"à beau chasser le naturel, il revient au galop"
pour illustrer les difficultés rencontrées pour éradiquer certaines pratiques ancrées dans la culture administrative.
Dans ce contexte, il a mis en exergue l'importance de la transparence dans la gestion des ressources publiques.
"Le devoir des responsables publics est de veiller à ce que l'argent des contribuables soit utilisé de manière transparente et pour le bien commun"
a-t-il martelé. Une transparence qui passera également par une évaluation rigoureuse des actions menées et une responsabilisation accrue des agents publics.
Le Premier ministre a également réaffirmé la détermination du gouvernement à intensifier la lutte contre la corruption sous toutes ses formes, qu’elle soit active ou passive. Cette volonté, a-t-il précisé, est partagée par le Président de la République, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, et sera mise en œuvre avec rigueur.
"Le gouvernement va intensifier la lutte contre l’enrichissement illicite des agents publics"
a-t-il déclaré. Il a affirmé que l'année 2025 sera un tournant dans la politique anti-corruption du pays.

Enfin, le Premier ministre a insisté sur l’importance d’une administration qui soit à l’écoute de ses citoyens. Il a ainsi lancé une critique acerbe du manque de réactivité dans la gestion des demandes des citoyens. Il a souligné que de nombreux dossiers restent sans réponse.
"Combien parmi vous répondent à l'accusé réception des lettres de nos concitoyens ?"
a-t-il interpellé, rappelant que
"nous devons nous engager à traiter chaque dossier avec sérieux et diligence"
Ce discours est un appel clair à un renouvellement profond des pratiques administratives, dans un cadre où l’effort de modernisation se conjugue avec une exigence de transparence et de responsabilité. Pour Raymond Ndong Sima, l'année 2025 sera celle où l'administration gabonaise devra non seulement se digitaliser, mais aussi se réformer en profondeur pour gagner la confiance de ses citoyens et répondre efficacement à leurs attentes. Un défi de taille.