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POURQUOI L'IMPUNITÉ DES CORROMPUS N'EST PAS STOPPÉE PAR LE CTRI ?

POURQUOI L'IMPUNITÉ DES CORROMPUS N'EST PAS STOPPÉE PAR LE CTRI ?
Depuis des décennies, la famille présidentielle et ses alliés exercent une mainmise sur les principaux leviers du pouvoir, ce qui rend impossible toute poursuite des véritables responsables de la corruption.



Le pays, riche en ressources naturelles, souffre d’un manque de transparence dans ses institutions, d’un contrôle judiciaire moribond et d’une gouvernance souvent marquée par des pratiques opaques.





Tout d'abord, la concentration du pouvoir entre les mains de quelques élites politiques et administratives empêche toute remise en question de leurs actes. Depuis des décennies, la famille présidentielle et ses alliés exercent une mainmise sur les principaux leviers du pouvoir, ce qui rend impossible toute poursuite des véritables responsables de la corruption. Cette centralisation du pouvoir crée un environnement où la justice est parfois instrumentalisée pour protéger les proches du régime en place.





Cette centralisation limite l'efficacité des institutions de contrôle comme la justice ou les entités de lutte contre corruption. L'absence d'une véritable séparation des pouvoirs rend difficile toute tentative de mettre en cause des responsables politiques, des ministres ou des hauts fonctionnaires proches du pouvoir.





Au Gabon la corruption est systémique et la culture de clientélisme est omniprésente. En effet, la corruption est souvent perçue comme un moyen pour les individus de maintenir ou d'accroître leur pouvoir et leurs ressources. Ce système clientéliste favorise l'extension de réseaux de soutien en échange de bénéfices personnels. Ce qui rend difficile de sanctionner les pratiques corruptives. Les ministres, les hauts fonctionnaires, les magistrats, les directeurs généraux des entreprises parapubliques corrompus entretiennent ainsi un climat de complicité où la répression de la corruption devient très peu probable.





Il y a manifestement une absence de volonté politique de lutter réellement contre la corruption. Le manque de volonté politique d’éradiquer la corruption nourrit un cercle vicieux. Les autorités, parfois elles-mêmes impliquées dans des pratiques douteuses, n’ont que peu d’incitations à engager des réformes radicales. Malgré l'existence de lois et d'instances de lutte contre la corruption comme la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), l'engagement réel du gouvernement à appliquer ces mesures reste souvent très faible. Dans de nombreux cas, la lutte contre la corruption se limite à des actions symboliques ou à des poursuites sélectives





qui épargnent les figures les plus influentes et les plus proches du pouvoir. Ces personnalités qui reconnaissent même publiquement d’avoir détourné l’argent de l’Etat quand elles étaient aux affaires ne sont pas inquiétées. C’est quasiment le même cas des personnalités suspendues après des soupçons de malversations financières. 





Le manque de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques plombe toute stratégie de lutte contre la corruption. La gestion des finances publiques, notamment dans les secteurs clés comme le bois, les mines, le pétrole, les BTP est marquée par un manque de transparence stupéfiant. Cela permet aux corrompus de détourner des fonds publics en toute impunité. Car il est très difficile de retracer les flux financiers ou d'auditer efficacement les transactions. De plus, les mécanismes de responsabilité sont souvent soit absents, soit inefficaces pour sanctionner les actes de corruption.





Enfin les institutions censées lutter contre la corruption, telles que la Cour des comptes ou la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, restent souvent inefficaces et manquent de soutien politique pour accomplir leur mission. 



Par Pamphile EBO

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