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AUDITIONS DÉCISIVES À LA COUR CONSTITUTIONNELLE GABONAISE : LES REQUÉRANTS RETIENNENT LEUR SOUFFLE

AUDITIONS DÉCISIVES À LA COUR CONSTITUTIONNELLE GABONAISE : LES REQUÉRANTS RETIENNENT LEUR SOUFFLE
Du 13 au 21 mars 2025, la République gabonaise entre dans une phase épineuse de son processus électoral, alors que la Cour constitutionnelle se prépare à statuer sur l’ensemble des recours des candidats recalés pour la présidentielle prévue le 12 avril de la même année.

Du 13 au 21 mars 2025, la République gabonaise entre dans une phase épineuse de son processus électoral, alors que la Cour constitutionnelle se prépare à statuer sur l’ensemble des recours des candidats recalés pour la présidentielle prévue le 12 avril de la même année. Conformément aux dispositions de la Constitution du 19 décembre 2024, de la Charte de la transition, et de la loi organique portant Code électoral, ces auditions en plénière des requérants revêtent une importance capitale, en offrant à ces derniers une tribune privilégiée pour étayer leurs demandes. Celles-ci portent sur des questions essentielles, telles que les conditions d'inéligibilité, d'incompatibilité et d'inefficacité, telles que définies par les textes légaux en vigueur, ainsi que sur des problématiques relatives à des conflits de compétences, qui ont largement alimenté les débats.


Parmi les requérants, Jean Rémi Yama a fait part de sa situation en soulignant l’impossibilité de fournir l’acte de naissance de ses parents décédés, faute de temps.


"L’acte de naissance qui manquait, j'ai dit qu'en des délais aussi courts, il n'est pas possible de fournir l'acte de naissance de mon père ou de ma mère qui sont décédés depuis"


a-t-il expliqué.


Pour sa part, Marlène Fabienne Essola a soulevé des questions de fond concernant les dispositions légales applicables, notamment celles relatives à l'incapacité des candidats. Elle a fait valoir que des critères tels que l'état matrimonial ou la situation financière ne devraient en aucun cas être des obstacles à la candidature, appelant de ses vœux une révision de l'article 39 de la loi électorale.


"Les incapacités qui sont bien évidemment développées dans l'article 39 de la loi électorale en question ne peuvent pas concerner, par exemple, l'état marital ou la situation de fortune"


a-t-elle argumenté. Elle a également demandé à la Cour de déclarer l'inconstitutionnalité de certaines dispositions, notamment celles qui permettraient à un militaire, comme le général Oligui Nguema, d’être candidat à la présidence, malgré le statut particulier des militaires, qui le rendrait inéligible. Elle a mis en avant l’argument selon lequel


"un militaire ne peut pas être candidat à une élection présidentielle"


s’appuyant sur les articles 73 et suivants du statut particulier des militaires.


L’audition d'Alain Simplice Bouroueres a été marquée par son choix de ne pas s'exprimer devant la presse. De son côté, Michel Ongoundou, autre requérant, a indiqué qu'il avait confiance dans le jugement de la Cour.


"La Cour est compétente pour tout ce qui relève du contentieux électoral pré-électoral, électoral et post-électoral. La Cour est compétente, comme je vous l'ai dit, j'ai confiance, parce que si j'estimais qu'elle ne l’était pas, je n’aurais pas eu recours à son jugement"


a-t-il déclaré. Il a souligné ainsi sa foi dans le processus judiciaire en cours.


La Cour constitutionnelle, garante du respect des principes et des textes fondateurs de la République, se doit de dire le droit dans les délais requis, en toute impartialité, tout en se référant scrupuleusement à la Constitution du 19 décembre 2024, à la Charte de la transition, ainsi qu’à la loi organique portant Code électoral. La décision finale, attendue dans les jours à venir, est attendue avec impatience par les requérants. 




Par Pamphile EBO

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