LES HABITANTS DU QUARTIER DERRIÈRE-LA-PRISON PESTENT CONTRE LA DÉGRADATION AVANCÉE DES ROUTES SECONDAIRES
Dans le premier arrondissement de Libreville, le quartier Derrière-La-Prison, populaire et animé, souffre d’une situation inacceptable : la dégradation avancée de ses routes secondaires. Une situation qui perdure depuis trop longtemps, plongeant ses habitants dans un quotidien fait de difficultés constantes. L’absence d’infrastructures essentielles, comme une route digne de ce nom, et l'inefficacité de l’éclairage public exacerbent le malaise de cette population qui semble avoir été oubliée par les autorités compétentes.
Françoise Mezui, habitante du quartier, n’y va pas par quatre chemins : « Nous souffrons, il n’y a pas de route, la route est complètement gaspillée. Non seulement nous vivons dans l’obscurité, mais même pour prendre un taxi ou se rendre au marché, c’est un véritable parcours du combattant. Les taxis refusent d’entrer dans notre quartier à cause de la dégradation de la route. Même pour les véhicules particuliers, c’est un calvaire. Nous essayons de réparer comme nous pouvons, mais ça ne tient pas. »
Les mots de Françoise constituent un cri de détresse, un appel désespéré à l’attention des autorités, surtout en cette période de transition où les attentes des Gabonais sont grandes. Pierre Pousso, un autre habitant, exprime une frustration similaire : « Ici, c’est comme si nous étions oubliés dans un coin reculé du pays. Si votre reportage peut faire entendre notre voix, ce serait un grand soulagement. J’ai vu que le CTRI a fait des travaux dans d’autres quartiers, mais ici, il n’y a rien, et même les pancartes annonçant ces travaux ont été détruites. »
Les promesses politiques semblent se dissiper dans l’air comme des mirages. Le désenchantement est palpable. Les habitants ont l’impression que l'on ne leur accorde plus aucune attention, que leurs problèmes sont relégués au second plan, au profit d'autres priorités.
L’insécurité est une autre épine dans le pied des habitants. Florian Mezui, un résident, ne cache pas sa crainte : « Nous n’avons même pas d’éclairage ici. Dès 19h, c’est le territoire des braqueurs et des malfaiteurs. Il y a eu des cas de viols, c’est dire à quel point la situation est critique. Monsieur le Président, aidez-nous à avoir cette route, à réparer cette voie. » L'absence de lumière publique transforme les rues en véritables zones de non-droit. Les habitants, souvent désemparés, n’osent pas sortir après la tombée de la nuit, par peur d'être victimes d'agressions.
L’école, pourtant située à proximité, reste inaccessible pour beaucoup d’élèves, qui peinent à rejoindre les établissements scolaires en raison de l'état de la route. Jean Nguema, le chef du quartier, confirme cette difficulté : « C’est un vrai désespoir. Cette route aurait pu améliorer beaucoup de choses. Si des travaux avaient été menés à terme, nous aurions vu un changement. Mais ici, rien n’avance. Les véhicules tournent dans certains endroits, mais cette route reste dans un état lamentable. » Le manque d’eau potable et d’électricité, couplé à une insécurité grandissante, fait du quotidien des habitants un véritable fardeau. Jean Nguema poursuit : « On demande que ce qui est annoncé se réalise. Les populations sont découragées, car on ne peut pas vivre dans de telles conditions. Nous avons besoin de routes, d'eau et d’électricité pour améliorer notre cadre de vie. »
Les habitants, en majorité des retraités et des familles modestes, expriment un besoin de dignité. Louis Minko Mi Mba, un retraité du quartier, déclare : « Je suis un vieux retraité, et pour marcher de chez moi jusqu'à la route principale, c’est un vrai parcours du combattant. Si au moins on avait des pavés ou des routes en béton, cela me faciliterait la vie. »
De son côté, Nanette Eyeang, une autre habitante, lance un appel désespéré : « Quand il pleut, c’est l’enfer. Pour sortir, surtout quand les enfants doivent aller à l’école, c’est un calvaire. Nous avons l’impression d’être oubliés, délaissés. »
Le quartier Derrière-La-Prison est un microcosme de la pauvreté d'infrastructures qui touche de nombreux autres quartiers populaires de Libreville.