PRÉSIDENTIELLE 2025 : LE RÔLE CENTRAL DU PDG DANS LA CAMPAGNE D’OLIGUI NGUEMA
À l’approche de la présidentielle du 12 avril 2025, les listes des coordinations de campagne de Brice Clotaire Oligui Nguema, publiées récemment, ont déclenché une vive polémique. Au centre de la controverse : la place de plus en plus prépondérante des membres du Parti Démocratique Gabonais (PDG), l’ancien parti au pouvoir, au sein de cette équipe. Des voix s’élèvent pour dénoncer ce retour en force des figures emblématiques du PDG dans les postes stratégiques de la campagne d’Oligui Nguema, alimentant le scepticisme de certains partisans qui craignent la persistance des pratiques politiques controversées de l’ère Ali Bongo Ondimba.
Le lancement officiel de la campagne électorale, prévu pour le 29 mars 2025, intervient dans un climat de tension, bien avant le véritable démarrage du processus électoral. Alors que le pays se prépare à tourner une page après la chute d’Ali Bongo Ondimba, les jeunes soutiens de Brice Clotaire Oligui Nguema, notamment à Ntoum, expriment leur déception face à une équipe de campagne dominée par des figures de proue du PDG. Pour eux, la question est simple : « Comment comprendre que ceux qui ont soutenu Ali Bongo Ondimba jusqu’au bout se retrouvent aujourd’hui à faire campagne pour celui qui les a renversés ? » Une question qui dénonce, selon eux, une incohérence frappante et un risque d’opportunisme politique qui pourrait nuire à l’image de leur candidat.
À Ntoum, les jeunes militants soulignent que cette situation constitue un retour en arrière qui remet en cause les promesses de changement formulées par Brice Clotaire Oligui Nguema. Ils redoutent que ce rassemblement d’anciens cadres du PDG ne soit qu'une tactique pour assurer leur survie politique, ce qui viendrait contredire les attentes de la jeunesse gabonaise, avide de renouveau. Un autre point de friction réside dans le fait que ces figures du PDG ont été étroitement liées à l’ancien régime et aux pratiques qui ont conduit le pays dans une crise économique et politique. Dans un contexte où la confiance envers l’ancien parti au pouvoir reste fragile, cette présence massive des "PDGistes" pourrait fragiliser l’unité nécessaire à la campagne de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Les critiques ne se limitent pas à Ntoum. À Bitam, à Oyem, à Koulamoutou, et à Minvoul, d’autres partisans d’Oligui Nguema expriment également leur mécontentement, estimant que les listes des coordinations de campagne ne reflètent ni les attentes des populations locales ni l’engagement de la jeunesse. Nombre d’entre eux se sentent ignorés, délaissés au profit de figures sans véritable ancrage local. Cette situation renforce l’impression que la campagne pourrait davantage bénéficier à des intérêts partisans qu’à une véritable dynamique d’inclusivité, pourtant mise en avant par Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le mécontentement est d’autant plus perceptible dans la province de l’Ogooué-Lolo, où la coordination de campagne est presque exclusivement constituée de membres du PDG. Parmi eux, des chefs de file tels que Régis Immongault, Blaise Louembé, Pacôme Moubelet et Ines Lissenguet, qui occupent des positions de responsabilité. Ces personnalités, qui ont joué un rôle prépondérant sous le régime Ali Bongo Ondimba, sont perçues par une large part de la population comme des symboles d’un système politique qui a échoué à apporter un véritable développement au pays. En particulier, les jeunes de la région dénoncent ce qu’ils considèrent comme un recyclage des mêmes figures qui ont contribué à l’isolement et à la pauvreté de la province.
À la lumière de cette situation, des observateurs mettent en garde contre un risque de rupture avec le discours de changement et d’unité porté par Brice Clotaire Oligui Nguema. D’un côté, les soutiens du candidat, qui misent sur une rupture radicale avec l’ancien système, jugent qu’il serait suicidaire de continuer à s’appuyer sur les mêmes personnes qui ont fait la démonstration de leur inefficacité en matière de gouvernance. De l’autre, certains partisans de l'ex-parti au pouvoir s'interrogent sur la manière dont ces figures historiques vont s’adapter à l’appel à l’unité de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Les critiques se sont intensifiées, particulièrement dans les régions qui ont longtemps été délaissées sous l’ère Ali Bongo Ondima, comme l’Ogooué-Lolo. « Le président-candidat doit revoir sa composition, car cette équipe ne représente pas la rupture que nous attendons », confie un jeune cadre de la province qui dénonce l'usage de réseaux clientélistes et l’influence de « copains et coquins » au sein de la coordination.
Le Parti Démocratique Gabonais (PDG), bien qu’officiellement en attente des programmes des autres candidats, semble pourtant déjà s’être aligné sur la campagne de Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce soutien tacite du PDG a de quoi interroger les électeurs qui, malgré la forte probabilité de victoire d’Oligui Nguema en raison de son soutien institutionnel, redoutent que ce choix ne contribue à maintenir les anciennes structures de pouvoir, qu’ils cherchent justement à écarter. Ce mélange entre anciens et nouveaux visages pourrait, selon certains analystes, remettre en question l’intégrité du projet politique porté par Oligui Nguema, si la population venait à y voir une volonté de maintenir les dynamiques de pouvoir du passé.
Alors que le 29 mars approche, l’équipe de campagne de Brice Clotaire Oligui Nguema se trouve sous pression. Si le candidat entend véritablement incarner le changement et répondre aux attentes de ceux qui aspirent à une gouvernance plus inclusive et transparente, il devra sans doute réévaluer la place accordée aux anciens cadres du PDG. Sans cela, sa campagne pourrait se retrouver paralysée par des contradictions internes et un manque de légitimité populaire. La question reste désormais de savoir si Oligui Nguema saura entendre l’appel à la rupture avant qu’il ne se transforme en un handicap électoral majeur.