RDC : UN AVION DES REBELLES DU M23 DÉTRUIT PAR DES RAIDS DE L’ARMÉE CE JEUDI MATIN À WALIKALE
Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont intensifié leur offensive en procédant ce jeudi matin 27 mars 2025 à des frappes aériennes ciblées sur l’aérodrome de Kigoma, situé à Walikale-centre, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. L’attaque a eu lieu après l'atterrissage d’un aéronef, dont l’arrivée a rapidement déclenché une réponse militaire violente de la part des FARDC.
Les frappes ont été menées à l’aide de drones et de l’avion de chasse Soukhoï, un appareil dont la présence dans le ciel de Walikale avait été signalée dès le matin.
"Le drone circule à Walikale depuis ce matin"
a précisé une source locale, confirmant ainsi l'activation de l’opération aérienne. Selon des témoins proches de l’aérodrome, le bombardement a empêché l’avion de décoller, mais les informations sur l’impact direct de ces frappes sur l’aéronef demeuraient encore floues à l'heure de la rédaction.
L’attaque de ce matin s’inscrit dans un contexte de tension croissante entre les forces congolaises et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, qui ont pris le contrôle de la région de Walikale-centre depuis plus d’une semaine. L’aérodrome de Kigoma, désormais sous le contrôle des insurgés, est devenu un point stratégique, utilisé par les rebelles pour renforcer leurs positions en hommes et en matériel.
Avant de lancer l'offensive aérienne, les FARDC avaient déjà accusé ouvertement le Rwanda et l’Alliance des Forces de la Congrégation du M23 (AFC/M23) de continuer à consolider leurs lignes, en dépit des appels à une désescalade.
"Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo dénoncent et condamnent cette attitude qui sape les efforts pour le retour de la paix dans l’Est de la RDC, entrepris par la communauté internationale"
a déclaré le porte-parole des FARDC dans un communiqué officiel.
Les frappes de ce jeudi sont également survenues dans un climat de négociations diplomatiques. En effet, un cessez-le-feu avait été annoncé par les parties prenantes, dans l’espoir d’ouvrir la voie à des discussions de paix directes, prévues à Luanda, en Angola. Toutefois, cet engagement à la paix semble déjà fragilisé par la violence persistante sur le terrain.
"L'attaque militaire contre l’aérodrome de Kigoma est une violation flagrante des engagements pris lors des pourparlers de paix"
a souligné un expert des questions de sécurité régionale. Il a mis en avant la difficulté d’obtenir une paix durable dans un contexte où les négociations sont contredites par les actions militaires sur le terrain.
Sur le plan humanitaire, la situation s’aggrave. Selon des sources locales, le second bombardement de l’aérodrome de Kigoma a provoqué une panique générale parmi la population, notamment au marché du village situé en face de l’hôpital général de référence de Walikale, où des scènes de fuite et de confusion ont été rapportées. "La population qui était au petit marché est en débandade"
a déclaré une source hospitalière.
Cela fait maintenant plusieurs jours que l’aéronef en question effectue des rotations au-dessus de Walikale, acheminant des renforts en soldats et en matériel pour soutenir les rebelles qui ont mis la main sur cette région stratégique. L’absence de routes praticables rend cette zone enclavée, ce qui force les belligérants à utiliser l’aviation pour leur approvisionnement militaire.
Malgré l’hostilité croissante, les rebelles du M23 ont annoncé dimanche dernier un repositionnement de leurs forces à Walikale-centre et ses environs, dans l’espoir de soutenir le processus de paix. Cette annonce a été saluée, et même encouragée, par le Rwanda, un acteur clé dans le soutien logistique et militaire aux rebelles.
De leur côté, les FARDC ont renforcé leurs positions, notamment à Boboro, une localité située à seulement 24 kilomètres de Walikale-centre. Les renforts proviennent en grande partie de la base militaire de Biruwe, une autre position stratégique pour les forces armées congolaises.
Alors que la guerre continue de déchirer l’Est de la RDC, la question de savoir si la diplomatie pourra un jour avoir un impact durable sur le terrain demeure incertaine. Les frappes aériennes des FARDC sur l’aérodrome de Kigoma montrent que, malgré les efforts internationaux pour instaurer un cessez-le-feu, les conflits locaux et les ingérences extérieures compliquent sérieusement la quête de la paix dans cette région dévastée.