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À BIZANGO, DES CÂBLES JONCHENT LA VOIE FERRÉE

À BIZANGO, DES CÂBLES JONCHENT LA VOIE FERRÉE
Ces câbles, souvent enchevêtrés et dénudés, ne sont soutenus que par des bambous de Chine, des supports fragiles et improvisés qui ne font qu'aggraver le danger.


À quelques kilomètres de Ntoum, à 13 kilomètres de Libreville, le quartier de Bizango se distingue par sa beauté sauvage et son atmosphère paisible. La verdure luxuriante, les rivières sinueuses et les sentiers poussiéreux dessinent un tableau idyllique. Cependant, derrière ce décor bucolique, un danger insidieux et mortel menace chaque instant la vie de ses habitants : l'absence criante de poteaux électriques, plongeant le quartier dans une précarité énergétique effrayante.



L'absence de poteaux électriques dans le quartier transforme les câbles en serpents d'acier, s'étendant de manière aléatoire à travers les rues, les voies ferrées empruntées par les trains de la Setrag et même les pistes empruntées quotidiennement par les riverains. Ces câbles, souvent enchevêtrés et dénudés, ne sont soutenus que par des bambous de Chine, des supports fragiles et improvisés qui ne font qu'aggraver le danger. Ce réseau de fortune, loin d’assurer une distribution fiable d’électricité, expose les habitants à des risques de court-circuit, de chutes de câbles, voire d’électrocution.


Le témoignage d’une habitante du quartier Bizango est glaçant : "Et comme vous avez remarqué, vous avez vu les câbles. On n’a pas de poteaux, on n’a pas de poteaux où le courant passe. On est obligé de prendre des bambous de Chine un peu partout pour essayer de maintenir les câbles en l’air, afin que les gens ne se prennent pas les fils. Mais ce n’est pas une solution. Nous avons beaucoup de petits enfants et nos câbles traînent au sol, sur le chemin de fer. Ils traînent aussi dans les rivières, comme vous pouvez le voir ici. Nous sommes sur un pont, et pourtant, les enfants se blessent."



Les mots de cette femme sont un cri d'alarme. Ce problème, qui pourrait sembler technique à première vue, cache une réalité beaucoup plus sombre : chaque jour, les enfants jouent dans les rues et, sans crier gare, s’exposent au risque de contact fatal avec des câbles dénudés. La situation est d’autant plus alarmante que les câbles électriques se trouvent à portée de main, suspendus dans les airs ou posés à même le sol et sur la voie ferrée.


L'un des habitants du quartier, visiblement choqué par la situation, souligne la gravité de ce problème : "Vous voyez ces câbles là ? C’est un danger ! Un enfant peut venir attraper ces câbles et, immédiatement, c’est la catastrophe. Et après, que dira-t-on ? Que les parents ne surveillent pas leurs enfants ? Mais la faute n’est pas aux parents. Nous n’avons tout simplement pas les moyens d’installer des poteaux électriques pour sécuriser l’électricité ici."


Ces mots frappent le cœur du problème : l'absence d’infrastructures adaptées. Les habitants, bien que conscients du danger, n’ont aucune alternative viable. Le manque de soutien gouvernemental et l'absence d’un réseau de distribution fiable les obligent à vivre dans une tension constante, avec la menace d’une tragédie toujours présente.


La sécurité des habitants du quartier Bizango repose sur une solution qui semble, pourtant, simple et évidente. L'installation de poteaux électriques de la SEEG doit être considérée comme une priorité pour garantir à la fois la sécurité et la fiabilité du réseau électrique. L’absence de ces infrastructures est un obstacle majeur à la vie quotidienne des riverains et les expose à un danger permanent.


“On a besoin qu’on nous installe des poteaux pour que les câbles soient en hauteur, loin des enfants. Parce qu’ici, les câbles sont souvent dénudés et traînent au sol. Regardez, vous-même, là où vous êtes."


Ces habitants demandent une solution pour préserver la vie et la sécurité de leurs familles.


L'absence de poteaux électriques à Bizango ne doit pas être perçue comme un simple problème technique ou administratif. C’est avant tout une question de vie ou de mort. Chaque jour qui passe sans solution constitue un pari sur la sécurité des habitants, en particulier des enfants, qui risquent de perdre la vie.

Par Pamphile EBO

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