CONGO-BRAZZAVILLE : 16 PARTIS D’OPPOSITION UNISSENT LEURS VOIX SOUS LA BANNIÈRE POUR CONTRECARRER SASSOU NGUESSO EN 2026
Dans un climat politique tendu à l’approche de la prochaine élection présidentielle en avril 2026, soit dans douze mois, seize partis et formations politiques de l’opposition congolaise ont franchi un pas très important. Réunis au siège de l’Union panafricaine pour la démocratie et le développement social (UPADS), à Brazzaville, ces leaders ont annoncé la création d’une nouvelle plateforme politique baptisée l’« Opposition libre ».
Ce regroupement inédit entend incarner une nouvelle dynamique au sein de l’opposition congolaise. Parmi les signataires de cette union figurent des partis de premier plan tels que l’Union des démocrates humanistes-Yuki, le Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail de Claudine Munari, ou encore le Parti républicain et libéral dirigé par Nick Fylla. À leurs côtés, le Comité d’action pour le renouveau de Clotaire Mboussa Ellah, l’Union pour la restauration du Congo de Dominique Basseyila, le Conseil national des républicains du pasteur Ntumi, ainsi que d’autres formations, forment un front commun élargi.
La concrétisation de cette coalition s’est matérialisée par l’adoption de trois textes fondateurs : un règlement intérieur, un manifeste politique et un pacte républicain. Le règlement intérieur fixe les règles de fonctionnement interne de la plateforme, dans un esprit de respect mutuel, de discipline et de liberté. Le manifeste, quant à lui, énonce les grandes intentions communes sur les enjeux électoraux et les principes de gouvernance. Enfin, le pacte républicain scelle un engagement collectif à œuvrer pour un Congo plus juste, plus démocratique et pacifié.
S’exprimant au nom du collectif, Pascal Tsaty-Mabiala, figure de proue de l’UPADS et député de longue date, a insisté sur la volonté de cette opposition renouvelée de rompre avec les querelles intestines et de se positionner comme une force responsable. « Nous sommes à l’orée d’une élection majeure, qui a souvent apporté des perturbations dans le pays »
a-t-il rappelé.
« Nous saurons nous garder dans la discipline, dans le respect des engagements que nous avons pris mais aussi dans la liberté qui est octroyée à chaque parti »
a-t-il ajouté au micro de Les Défis du Congo.
L’« Opposition libre » ne prétend pas à l’uniformité. Bien au contraire. Ses membres revendiquent une pluralité de pensées, tout en s’accordant sur des principes fondamentaux.
« Cette plateforme politique n’est pas une opposition unanimiste »
a précisé Tsaty-Mabiala.
« Les choix ne seront pas imposés »
Cette clarification semble viser à rassurer aussi bien les militants que l’opinion publique, encore éprouvée par les divisions historiques de l’opposition congolaise. L’objectif affiché est de peser de manière crédible sur le processus électoral à venir, tout en évitant les pièges des querelles de leadership ou des alliances de façade.
Pour l’heure, aucun des partis membres de l’« Opposition libre n'a annoncé de candidature officielle à la prochaine présidentielle. Une prudence stratégique qui laisse entrevoir un temps de réflexion et de consolidation. Les responsables de la plateforme espèrent surtout que les conditions de transparence, de sécurité et de participation équitable seront garanties.