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SAHEL : MACRON EXPRIME SES REGRETS

SAHEL : MACRON EXPRIME SES REGRETS
Lors d’une interview récente sur TV5 Monde, le président français Emmanuel Macron a abordé la situation complexe du Sahel, notamment le retrait de la France et la montée en puissance de l’influence russe.

Lors d’une interview récente, le président français Emmanuel Macron a abordé la situation complexe du Sahel, notamment le retrait de la France et la montée en puissance de l’influence russe dans des pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Une déclaration empreinte de regrets, mais aussi d’un bilan réfléchi sur l’engagement français dans cette région particulièrement fragile.


 


Un lourd regret : la jeunesse du Sahel


"Des regrets, moi j’en ai beaucoup"


a affirmé Emmanuel Macron en réponse à la question sur l'évolution de la situation au Sahel. Il a insisté sur l’attachement qu’il éprouve pour la jeunesse de ces pays, qu’il considère comme une génération pleine d’espoir. Un espoir qui, selon lui, a été trahi par l’absence de progrès concrets en matière de gouvernance et de développement.


"C’est une jeunesse à laquelle je suis éminemment attaché"


a-t-il ajouté sur TV5 Monde. Il a souligné les liens historiques et humains entre la France et ces pays, avec des millions de Maliens et de Burkinabè vivant en France, des familles partagées et des soldats français ayant sacrifié leur vie pour la sécurité de la région.


Mais Emmanuel Macron a reconnu que l’engagement français, bien que courageux et fondé sur une demande expresse de protection des autorités locales contre le terrorisme, n’avait pas permis de donner aux jeunes du Sahel un avenir prometteur.


"On a payé le prix de la mauvaise gouvernance politique"


a-t-il concédé, faisant référence à un système politique qui a échoué à répondre aux aspirations de la jeunesse.


 


L’échec d’une réponse sécuritaire insuffisante


Macron a rappelé que dès le sommet du G5 Sahel en juillet 2017, la France avait mis l’accent sur la nécessité de projets de développement, de gouvernance, et d'espoir pour les jeunes. Mais il a constaté que la lutte contre les terroristes djihadistes, bien qu’intense, n’a pas suffi à endiguer la montée de l’instabilité, notamment en raison de l'absence de réformes démocratiques et de perspectives économiques. Il a également souligné qu’en l’absence de réformes substantielles, chaque victoire contre les groupes terroristes était rapidement suivie par le recrutement de nouveaux jeunes, attirés par des promesses de changement.


 


Le retrait français et l’influence russe grandissante


Interrogé sur la montée en puissance des Russes dans la région, Emmanuel Macron a exprimé sa surprise face à la demande croissante d’aide militaire de la part des putschistes, notamment ceux au pouvoir au Mali et au Burkina Faso. Selon lui, les Russes, à travers des milices privées et publiques, ne jouent pas un rôle actif dans la lutte contre le terrorisme. Au contraire, ils se contentent de sécuriser les régimes au pouvoir et de prendre le contrôle des ressources naturelles, ce qui laisse un vide en termes de protection des populations.


Le Président français a également souligné que l'appel à la Russie comme "assureur de dernier ressort" en matière de sécurité démontre un paradoxe. Alors que la France a été impliquée pour soutenir la lutte contre le terrorisme, les nouveaux régimes militaires semblent moins pressés de revenir à un cadre démocratique, comme le montre leur réticence à organiser des élections libres, contrairement à d’autres exemples en Afrique tel qu'au Gabon.


 


Les dilemmes de l’intervention militaire


Pour Macron, la situation au Sahel soulève la question de l’efficacité à long terme de l’intervention militaire, même lorsqu’elle repose sur des bases solidement ancrées dans la protection des populations contre le terrorisme.


"Le Mali ne serait sans doute plus un État unique si nous n’étions pas intervenus en 2013"


a-t-il affirmé, mais a reconnu que la France s’était maintenue trop longtemps dans une posture de soutien militaire sans suffisamment de progrès sur le terrain de la gouvernance et des réformes démocratiques.


Il a expliqué que l’objectif initial était de protéger les pays du Sahel contre les attaques terroristes et d’appuyer les régimes démocratiques, mais qu’à mesure que le temps passait, l’absence de transformation politique et la corruption des élites ont altéré les résultats escomptés.


 


Une situation géopolitique mouvante


Aujourd’hui, la situation reste incertaine, avec une influence croissante de la Russie et une perte de confiance de la part de certains pays du Sahel envers l’ancienne puissance coloniale. Emmanuel Macron a exprimé ses regrets, mais aussi sa volonté d’avoir été fidèle à la mission initiale de la France, malgré les critiques et les défis rencontrés.


 


 

Par Pamphile EBO

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