ATTAQUES
Le Burkina Faso a été le théâtre, dimanche 11 mai 2025, d’une série d’attaques d’une violence inédite, attribuées aux groupes armés jihadistes opérant dans la région. L’offensive la plus redoutable a ciblé à l’aube le camp militaire stratégique de Djibo, dans la province du Soum, au nord du pays. Menée par des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda, cette attaque d’une intensité rare a plongé la ville dans la tourmente durant plusieurs heures rapporte RFI.
Selon des sources sécuritaires et des témoins oculaires, les assaillants visaient ni plus ni moins que la prise de contrôle de Djibo, verrou géopolitique de la région sahélienne. Le camp de l’armée burkinabè aurait été brièvement occupé, pillé et partiellement détruit, plusieurs équipements militaires, dont des vecteurs aériens, ayant été touchés par des tirs nourris. Si aucun bilan officiel n’a encore été établi, des sources concordantes évoquent des pertes humaines significatives parmi les forces de défense, ainsi que des civils.
Simultanément, d’autres localités ont été ciblées. À Sabcé, dans le Centre-Nord, un groupe armé a attaqué le commissariat de police, incendié des commerces et semé la panique. À Sollé, Yondé et Boko, des attaques ont également été rapportées, sans qu’un décompte précis des victimes ne soit encore disponible. Ces offensives coordonnées traduisent une montée en puissance des opérations terroristes sur le territoire burkinabè.
Fait troublant, cette recrudescence de violence survient alors même que le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, venait de rentrer à Ouagadougou après un déplacement diplomatique à Moscou. La veille, il s’était entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine, évoquant notamment un renforcement de la coopération bilatérale, dans un contexte de délitement sécuritaire persistant.
Le silence des autorités sur le bilan de ces attaques, conjugué à l’ampleur des pertes et à la simultanéité des offensives, laisse songeur.