7 COMPAGNIES
La Commission européenne a dévoilé la dernière mise à jour de sa liste noire des compagnies aériennes interdites de survol ou d’exploitation dans l’espace aérien de l’Union. Sur les 169 transporteurs sanctionnés pour non-respect des normes de sécurité, sept compagnies issues de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) ont été pointées du doigt, ternissant une fois de plus l’image de l’aviation sous-régionale.
Les transporteurs concernés sont Equajet, Trans Air Congo, Société Nouvelle Air Congo, Canadian Airways Congo, Equaflight Services (tous basés en République du Congo), ainsi que Cronos Airlines et Ceiba Intercontinental (Guinée équatoriale). Selon la Commission, ces compagnies évoluent dans un climat où la surveillance nationale de la sécurité aérienne laisse à désirer, au point de représenter un risque et péril pour les passagers européens.
Réunie du 13 au 15 mai 2025 à Bruxelles, la Commission de la sécurité aérienne de l’UE a tranché sur la base d’inspections au sol, de rapports techniques et d’informations multiples. Verdict : carton rouge pour ces compagnies qui devront désormais montrer patte blanche pour espérer opérer à nouveau en Europe. Une décision prise à l’unanimité par les experts des 27 États membres.
Cette interdiction, véritable épine dans le pied pour les transporteurs concernés, intervient à un moment difficile. Certaines d’entre elles, comme Cronos Airlines, avaient déjà programmé des vols entre Malabo et Madrid ce mois de juin 2025. Equajet, de son côté, devait desservir Paris depuis Brazzaville. Un agenda aujourd’hui torpillé, remettant en question leur stratégie de croissance sur le Vieux Continent.
Ces mêmes compagnies figuraient déjà sur cette liste en novembre 2023, avant d’être réhabilitées brièvement trois mois plus tard. Ce retour sur le tableau noir soulève des questions sur la pérennité des efforts de mise en conformité, dans un secteur où des opérateurs agissent parfois sans foi ni loi.
L’Union européenne laisse toutefois entrouverte la porte à une réévaluation, sous condition d’audits concluants. Pour l’heure, les compagnies concernées broient du noir, contraintes de revoir leurs ambitions internationales. Le ciel européen n’est pas un tombeau ouvert, mais un privilège à défendre, preuve à l’appui.