VICTIME DE DEUX AVC
Libre depuis bientôt deux années, Grégory Laccruche Alihanga livre un témoignage qui donne des frissons sur les quatre années d’isolement total qu’il a vécues. Dans un texte publié le 15 juillet 2025, le frère de l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo dénonce une répression brutale, les méthodes d’un régime qu’il qualifie de barbare, et répond à ceux qui, aujourd’hui, se posent en victimes.
« Je n’étais plus un homme. J’étais un otage. Une monnaie d’échange pour faire plier mon frère. »
Derrière les murs où il a croupi, pendant près de quatre ans, Grégory Laccruche Alihanga dit avoir été criblé de violences psychologiques et d’humiliations quotidiennes. Enfermé dans une cellule de 6 m², sans lumière ni sortie, il décrit une réalité infernale : isolement total, absence de soins, aucun contact avec ses proches ou ses avocats. Un traitement qu’il qualifie de barbarie, dans une cellule transformée en tombeau vivant.
Privé de tout, mis au supplice par ses geôliers, l’ancien maire d’Akanda dit avoir été utilisé pour briser la volonté de son frère, Brice Laccruche Alihanga.
« Une rengaine m’était assénée : "Nono a dit si tu veux sortir, tu n’as qu’à charger ton frère". D’autres ont cédé. Pas moi »
Pour Grégory Laccruche, les rôles se sont inversés : les tortionnaires d’hier crient à l’injustice aujourd’hui. Il fustige l’hypocrisie de Sylvia Bongo et de Noureddin Bongo Valentin, aujourd’hui en disgrâce, qui invoquent les droits de l’homme et les instances internationales.
« Ils parlent de “traitement de chien” ? Nous avons été traités pire que des cafards »
Il rappelle que dès 2020, l’ONU l’a reconnu comme prisonnier politique détenu arbitrairement, sans que cela n’émeuve le régime d’Ali Bongo Ondimba, qui avait simplement rétorqué :
« La justice gabonaise est souveraine »
Même Ali Bongo Ondimba, dans un entretien à Jeune Afrique, aurait validé cette ligne dure, en dépit des alertes internationales.
Grégory Laccruche Alihanga dresse un tableau sans concession : les cris d’aujourd’hui ne sont, selon lui, qu’un écran de fumée dressé par ceux-là mêmes qui ont saboté la justice, traqué leurs opposants, et renforcé un système d’oppression.
« Ils n’ont pas subi l’arbitraire. Ils l’ont mis en place. Ils n’ont pas défendu les droits de l’homme. Ils les ont piétinés »
Sa famille, elle aussi, a payé un lourd tribut. Sa mère, victime de deux AVC, est aujourd’hui handicapée. Il affirme avoir temporairement perdu la vue, faute de soins, tandis que son frère, atteint d’un cancer
« était donné pour mort »
Il rend hommage à l’intervention du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui aurait permis leur libération in extremis.
Face à ce qu’il décrit comme une barbarie systémique, Grégory Laccruche promet de ne pas en rester là. Il annonce vouloir épuiser tous les recours nationaux et internationaux, afin que ceux qui ont dirigé l’ancien régime ne puissent pas
« réécrire l’histoire à leur avantage »