VOLUME DE BOIS SOUS-DÉCLARÉ
Dans le département de l’Okano, les opérateurs économiques exploitant la forêt communautaire de Bobé-Nyong sont désormais dans le collimateur du ministère des Eaux et Forêts. En visite de terrain, le ministre en charge, Maurice Ntossui Allogo, a pris le taureau par les cornes en procédant à une inspection rigoureuse des activités forestières dans cette zone sensible. L’objectif était de passer au peigne fin les pratiques en vigueur et s’assurer du respect strict des règles d’exploitation.
Après avoir parcouru plusieurs kilomètres sur une voie étroite et difficile d’accès, la délégation ministérielle a accédé à la société forestière active dans la région. Sur place, le ministre n’a pas tardé à tomber sur un camion sortant de la forêt communautaire, manifestement pas en odeur de sainteté. En véritable homme de terrain, Maurice Ntossui Allogo a procédé lui-même à la prise de mesure des cubes de bois. Une action qui allait révéler une entorse manifeste à la loi.
"Qui fait le tubage de ça ?"
s’est-il exclamé avant de confronter les bordereaux de roulage aux volumes constatés. Le verdict est sans appel :
"Il y a un gros volume de bois qui sort et la déclaration est en dessous de ça est différente. Vous le savez ?"
a-t-il lancé, visiblement agacé.
"Ça veut dire que comme c'est déclaré en dessous, il y a une perte d'argent pour la communauté"
a-t-il martelé, en soulignant ainsi la gravité de cette tentative de fraude.
Pris quasiment la main dans le sac, l’opérateur économique concerné se retrouve désormais en délicatesse avec la loi. Le ministre a saisi cette occasion pour rappeler l’importance de ces forêts communautaires, véritables sources de vie et de développement local.
"L'État fait d'énormes efforts. Lorsqu'on cède une forêt communautaire à une communauté, c'est pour vivre de cette activité-là"
a-t-il affirmé.
"Ça veut dire que le bois qui est coupé, l'argent qui en ressort est destiné à faire développer la communauté en termes de quelques infrastructures. Vous pouvez même créer de l'emploi à partir de ces richesses-là"
Alors que certains exploitants indélicats semblent jouer à cache-cache avec la réglementation, le ministre entend bien mettre les bouchées doubles pour faire tomber les fraudeurs dans les mailles du filet. Pour lui, il est inadmissible que des communautés entières soient mises en porte-à-faux avec la législation à cause d’accords douteux passés avec des exploitants peu scrupuleux.
“Je salue cette initiative du ministre, essentielle pour garantir une exploitation responsable des forêts communautaires. Le constat d’irrégularités montre la nécessité d’un meilleur contrôle. Une gestion durable des ressources forestières permettrait de préserver la biodiversité tout en assurant des retombées économiques pour les communautés locales. Il est crucial de renforcer la transparence et le suivi des activités forestières pour éviter les pertes injustifiées”
a confié un membre de la délégation.
À Viafé, lors d’une opération parallèle menée par la police forestière, plusieurs cargaisons de grumes ont également été interceptées. Les volumes de bois déclarés étaient largement inférieurs à ceux transportés. Une fois de plus, une potentielle fraude a été démasquée. Maurice Ntossui Allogo a ordonné la saisie immédiate des grumes, et le fermier impliqué a été convoqué pour éclaircir les faits.
Cette série d’interventions montre la ferme volonté du gouvernement de la 5ème République à assainir la filière bois et à mettre fin aux pratiques en intelligence avec des réseaux frauduleux.
La visite s’est conclue par un appel à la préservation de la biodiversité et au respect stricto sensu des plans d’aménagement :
"lequel vise à concilier la protection de la biodiversité et les besoins socio-économiques de la société"
a rappelé le ministre.