RDC : L'OPINION DIVISÉE
En décidant de suspendre l’exclusion pour les filles enceintes dans les établissements scolaires en République démocratique du Congo, le ministère de l’Education nationale veut promouvoir l’inclusion, l’égalité de genre et limiter les abandons scolaires liés aux grossesses précoses qui compromettent l’avenir des filles et renforcent les inégalités.
Si la cirluraire signée du secrétaire général du ministère, Alexis Yoka a été adressée à tous les acteurs du système éducatif congolais, pour entrer en vigueur à la date de signature, soit le 14 juillet, l’église catholique, à travers la conféfence épiscopale du Congo (CENCO), principal partenaire du gouvernement en matière d’éducation a vite fait de réagir.
« L’article 5 de notre Convention en tant que acquis insiste sur la moralité et la discipline de l’élève en matière de moeurs. C’est que, d’une part, cette disposition de Monsieur le Secrétaire général dont vous me faites signe, ne peut point opérer dans les Ecoles Conventionnées catholiques, en vertue des Art.1, 2 et 3 dudit Accord », a exprimé le Secrétaire de la commission épiscopale, Abbé Emmanuel Bashiki K., avant d’affirmer qu’aucune copie ne leur a été délivrée.
Par ailleurs, la Conférence épiscopale a assuré que, si un cas de grossesse est constaté dans un de leurs établissements, l’élève sera orientée vers les écoles concernées par ladite circulaire afin de leur garantir un maintien éthique dans le système éducatif.
Une décision soutenue par des leaders de la protection de l’enfance, qui estiment que ces élèves pourraient avoir une influence négative sur les autres enfants. « Ce qui important ici, c’est de protéger les autres enfants pour qu’ils ne soient pas contaminés. Lorsqu’une petite fille est grosse à côté d’une autre fille, elle va penser que c’est normal de pouvoir aller avec des hommes et finalement, on va se retrouver avec beaucoup de filles enceintes », a exprimé Joseph Gode, président de la ligue de la zone Afrique pour les droits des enfants.
Soutenu également par de nombreuses associations de la protection de l’enfance et des droits humains, le Gouvernement congolais n’entend pas reculer. Les autorités marquent leur ferme volonté de renserver la donne en protégeant ces jeunes filles et en évitant des jugements, dans le respect de la Constitution congolaise qui prévoit un égal accès à l’éducation à toutes et à tous.