INFRASTRUCTURES DÉLABRÉES
Le Garde des Sceaux, Séraphin Davain Akure, a récemment effectué une visite des administrations judiciaires placées sous sa tutelle à Lambaréné, dans la province du Moyen-Ogooué. Une immersion de terrain qui a dressé un véritable tableau noir de la situation. Ce que le ministre a vu donne des frissons : bâtiments vétustes, matériel didactique inexistant, installations électriques en ruine et des latrines où les germes prolifèrent. Le tout dans une atmosphère où même la climatisation fonctionne de manière aléatoire.
Au tribunal administratif comme à la prison centrale, les infrastructures ont visiblement pris un coup de vieillesse. Elles font leur âge, et même plus.
"Le constat est alarmant"
a reconnu sans langue de bois le ministre de la Justice, ébranlé par l’ampleur des déboires que vivent quotidiennement magistrats, greffiers et détenus. En effet, ces agents de l’État, parfois en véritable âme en peine, continuent malgré tout à s'acquitter de leurs missions dans un cadre de travail qui laisse franchement à désirer.
Cette visite, tant attendue par le personnel judiciaire, a permis aux agents de monter au créneau pour fustiger des conditions devenues intenables. Certains n’ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur l’inaction passée, qui a fini par saper le moral et l'efficacité des équipes sur le terrain. Si le ministre a découvert un service public en piteux état, il a promis une programmation budgétaire sérieuse afin d’enrayer le phénomène de dégradation.
"La prison est obsolète, elle n’est plus aux normes. Il faudra la remplacer. Mais en attendant, nous devons améliorer l’existant"
a-t-il déclaré.

Pour lui, il n’est plus question de vœux pieux. La feuille de route présidentielle consiste à dresser un état des lieux précis, puis injecter les moyens nécessaires pour remettre la machine en marche.
“Les conditions de travail des agents de l’État à Lambaréné sont inacceptables. Une insalubrité dramatique et un manque criard d’équipement, il ne faut pas demander l’efficacité judiciaire. C'est une situation qu'il faut régler au plus vite par une action structurée. L’engagement du ministre est encourageant, mais ne suffit pas. Seule une planification budgétaire rigoureuse et des investissements concrets permettront d’améliorer durablement ces conditions de travail”
souligne une source proche du dossier.
Face à cette justice gabonaise qui fait pâle figure à tous les niveaux, le ministre Séraphin Akure Davain se veut pragmatique et déterminé. Lambaréné mérite mieux que ce spectacle d’abandon.