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L’ENAM

L’ENAM
Après trois longues années de silence, de poussière et d’inquiétude, l’École Nationale d’Art et de Manufacture (ENAM), nichée au sein du mythique PK 11, précisément au quartier Melen, renaît avec éclat.

Après trois longues années de silence, de poussière et d’inquiétude, l’École Nationale d’Art et de Manufacture (ENAM), nichée au sein du mythique PK 11, précisément au quartier Melen, renaît avec éclat. Ce 29 juillet 2025, l’établissement a rouvert ses portes au public à l’occasion d’une journée « portes ouvertes » haute en couleurs, renouant avec ses fondamentaux : la créativité, la sculpture et la transmission des savoir-faire.


Derrière les murs récemment rénovés, l’air vibrait d’enthousiasme. Étudiants, artistes, curieux et officiels se pressaient dans les ateliers où le plâtre, le bois et la pierre prennent forme sous des mains habiles. Le silence a fait place aux marteaux, aux crayons, aux idées. À l’ENAM, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre, une ère de renouveau, de structure et surtout, d’ambition.


 


Un retour dicté par la volonté politique


Au lendemain du récent coup de libération, une directive a été donnée aux dirigeants de l’institution : remettre l’ENAM sur pied. Et le défi, titanesque, semble avoir été relevé avec brio. Longtemps en sommeil, l’école n’organisait plus de concours d’entrée, mettant en péril sa mission de formation. Mais cette époque est révolue : le concours national de 2024 a permis à 731 étudiants d’intégrer ce bastion du savoir-faire artistique et manufacturier gabonais.


Depuis 2008, l’ENAM proposait des licences. Aujourd’hui, le cycle de master est officiellement lancé. Une avancée majeure, saluée par les étudiants comme par les autorités.


 


Une vision rénovée de l’enseignement artistique


Venue en personne pour constater les progrès, la Ministre de la Culture Armande Longo Moulengui, a tenu à souligner l’importance stratégique de cette renaissance.


« Les Gabonais doivent savoir que l’offre de formation à l’ENAM est désormais moderne, rénovée et bien structurée »


a-t-elle déclaré.


Mais au-delà des mots, les actes sont là : l’établissement entre pleinement dans le système LMD (Licence-Master-Doctorat), avec l’ambition de former une élite artistique capable de rayonner dans tout le pays, et au-delà.


 


Une ambition à la hauteur des besoins


Ce retour en force s’accompagne de défis logistiques. Dix nouveaux ateliers, chacun pouvant accueillir 60 étudiants, sont encore nécessaires pour absorber la nouvelle vague d’apprenants. Et un amphithéâtre de 750 places est attendu de toute urgence pour permettre un enseignement à la hauteur des ambitions de l’école.


Le directeur général de l’ENAM, Jean-Clément Doukaga, se veut résolument tourné vers l’avenir. Sous sa houlette, le génie créateur gabonais retrouve ses lettres de noblesse, avec pour credo : former, élever, transmettre.


 


L’art, un levier de développement au même titre que le pétrole


« Le Gabon ne doit plus voir la culture comme une simple vitrine, mais comme un levier économique »


insiste le ministère de la Culture. La volonté affichée de faire de l’art un secteur de développement, au même titre que le pétrole ou l’exploitation forestière, est palpable. Et l’ENAM en est l’un des symboles les plus éloquents.


Parmi les sculptures exposées ce jour-là, certaines étaient de véritables chefs-d’œuvre. Des formes puissantes, des couleurs vives, des regards fiers. Le futur est déjà en marche à l’ENAM.






Par Pamphile EBO

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