RUPTURE ÉCONOMIQUE AMBITIEUSE
Le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Chargé de la Lutte contre la Vie Chère, Henri-Claude Oyima, a officiellement ouvert la première édition du Gabon Economic Forum.
Prenant la parole devant un parterre d’acteurs économiques, institutionnels, politiques et partenaires internationaux, le ministre a tenu à marquer la portée historique de ce rendez-vous :
« C'est avec une profonde conviction que je prends la parole ce jour, à l’occasion de l'ouverture du Gabon Economic Forum édition 2025. Ce forum ne se veut pas une rencontre de plus. Il est une étape décisive dans la construction d’une économie nouvelle, plus forte, plus souveraine, plus transformée »
a-t-il déclaré d’entrée.

Une situation économique préoccupante
Henri Claude Oyima n’a pas caché les difficultés auxquelles l’économie gabonaise est confrontée : une croissance modérée et peu inclusive, une inflation structurelle pesant sur le pouvoir d’achat, une masse salariale publique en hausse constante, une dette fragile et une signature financière de l’État affaiblie. Autant de facteurs qui freinent le développement et la transformation de l’économie nationale.
Le ministre a illustré la dégradation en rappelant un chiffre marquant :
« En 1976, le Gabon affichait un PIB par habitant de 14 800 dollars. En 2023, ce même indicateur était tombé à 6 500 dollars, soit une chute de plus de 50 % »
Pour lui, ce recul n’est pas anodin, mais révèle une stagnation profonde du modèle économique actuel, incapable de franchir le cap vers le haut revenu.
Avec une croissance économique stagnante à 2,5% par an, bien en dessous de la croissance démographique, il a affirmé que le modèle est « essoufflé », ne produisant « ni prospérité partagée, ni souveraineté économique »
Une vision portée par le Chef de l’État
Dans son discours, le ministre a souligné que cette volonté de rupture s’inscrit dans le sillage de la vision du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à travers son projet de société
« Bâtissons l’Édifice Nouveau, pour notre Essor vers la Félicité »
À ce titre, plusieurs mesures ont déjà été prises pour enclencher le changement. Parmi elles :
La création de cinq Fonds stratégiques (agriculture, pêche, énergie, logement et infrastructures) ;
L’interdiction d’importation des poulets de chair à partir de janvier 2027 ;
La fin prévue de l’exportation du manganèse brut d’ici 2029 ;
L’audit du patrimoine de l’État ;
La réévaluation des participations publiques.
Ces décisions ne sont pas de simples annonces, selon le ministre : « Elles témoignent de manière éloquente de cette volonté de rupture », a-t-il martelé.
Vers un changement de paradigme
Au-delà des actions engagées, Henri Claude Oyima a insisté sur la nécessité de restaurer la crédibilité financière de l’État. Celle-ci, a-t-il rappelé
« ne se décrète pas. Elle se gagne, jour après jour, dans l’exécution budgétaire, dans le respect des engagements, dans la transparence et la sincérité des comptes publics »
Il a pointé les retards de paiement, les contrats non respectés et les dérives dans les entreprises publiques comme autant d’obstacles à la confiance des investisseurs et des bailleurs.
Le ministre a plaidé pour une discipline budgétaire renforcée, une rationalisation des dépenses et une meilleure gestion de la dette, afin de garantir une croissance soutenue, avec un objectif ambitieux :
« générer une croissance soutenue de 10% minimum »

Six grandes questions pour une nouvelle trajectoire
L’ambition de ce forum est claire : bâtir un modèle de développement réaliste, inclusif et ambitieux. Henri Claude Oyima a structuré le débat autour de six grandes questions :
Comment relancer une croissance durable à deux chiffres ?
Quel rôle pour les entreprises dans la diversification économique ?
Quelles réformes pour une politique budgétaire efficace ?
Quelle stratégie pour réduire durablement le coût de la vie ?
Quel rôle pour l’État actionnaire dans le développement ?
Comment assurer une gestion responsable de la dette publique ?
Plutôt que d’imposer un plan préparé en vase clos, le ministre a appelé à une
« démarche ouverte, collective et responsable à l’endroit de toutes les intelligences du Gabon »
précisant que
« nous ne voulons pas faire seuls. Nous voulons faire mieux, ensemble avec vous tous »
Une invitation à l’audace et à la lucidité
En clôture de son allocution, Henri Claude Oyima a lancé un appel à l’action collective, guidée par le courage, la transparence et l’ambition. Citant Einstein, il a rappelé que
« la folie de l’homme, c’est de faire toujours la même chose et d’espérer des résultats différents »
Et de conclure sur une note de mobilisation :
« Le moment que nous vivons est exigeant. Il appelle du courage, de la clarté, et une vision partagée »