“AU REGARD DES CHIFFRES PRÉSENTÉS”
Invité ce 11 septembre 2025 par la commission des finances, du budget et de la comptabilité publique dans le cadre de l’examen du projet de règlement budgétaire 2023-2024, le ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgar Moukoumbi, s’est prêté à un exercice de vérité. Loin des discours triomphalistes, il a reconnu que l’année écoulée a été mi-figue mi-raisin dans l’exécution des projets d’infrastructures.
« Les objectifs de 2023 n’ont pas été atteints »
a-t-il concédé d’entrée, soulignant un faible taux d’exécution du budget alloué à la mission interministérielle, consacrée à la construction, au logement et à l’équipement collectif. Le secteur, déjà abandonné à son triste sort ces dernières années, a fait grise mine, pris en étau entre des moyens limités et une désorganisation profonde.
« Les TP avaient été décapités, très peu de linéaires étaient en cours »
a reconnu le ministre, évoquant une administration désemparée, sans matériel, ni stratégie claire.
La situation semble toutefois connaître un léger mieux en 2024. Edgar Moukoumbi parle d’une reprise timide, rendue possible grâce à une volonté politique affirmée. Avec le feu vert du chef de l’État, les TP commencent à se rééquiper.
« Nous voyons une accélération des travaux en régie »
a-t-il précisé. Il a cité plusieurs projets relancés, notamment dans les capitales départementales et provinciales. Certaines voiries urbaines longtemps laissées à l’abandon, véritables pistes d’éléphants parsemées de bourbiers, retrouvent peu à peu leurs lettres de noblesse.
Mais là où le bât blesse, c’est sur la gestion du compte d’affectation spécial dédié à l’entretien routier. Réparti entre les routes nationales et les voiries urbaines, ce fonds a été sous-utilisé, les travaux étant confiés uniquement à des entreprises privées. Sans matériel, les TP n’avaient plus voix au chapitre. Un point d’achoppement qui cristallise les critiques, d’autant que de nombreux chantiers croupissent dans les mailles d’une bureaucratie lente et inefficace.
Malgré cette mauvaise passe, Edgar Moukoumbi se veut rassurant. Il affirme que le gouvernement entend prendre la question des infrastructures à bras-le-corps.