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“FAUX PROCÈS-VERBAL”

“FAUX PROCÈS-VERBAL”
Autant d'éléments qui font planer de lourds soupçons sur l’organisation du scrutin.

Surprise générale dans le 1er siège du département de Ndolou, où l’indétrônable Jean-François Ndongou, président de l’Assemblée nationale de la Transition et pilier du Parti Démocratique Gabonais (PDG), a bien failli mordre la poussière. Lors du premier tour des législatives, la candidate de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), Matsanga Mayila Mariam, avait frôlé l’exploit avec 46,98 % des voix, face à un Ndongou chancelant, crédité de seulement 49,30 %. C’était un véritable coup de tonnerre dans ce bastion du PDG, qui n’avait plus connu pareille menace depuis deux décennies.


Mais contre toute attente, le 11 octobre 2025, Jean-François Ndongou renverse la vapeur. Selon le procès-verbal de centralisation des résultats établi par la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER), le candidat du PDG l’emporte avec 1 427 voix, soit 50,50 % des suffrages exprimés. De son côté, Matsanga Mayila recueille 1 399 voix, soit 49,50 %. Une victoire tirée par les cheveux, pour un écart insignifiant de 28 voix, qui relance autant la carrière politique de Ndongou qu’elle ne jette un pavé dans la mare.


Car ce revirement de situation, présenté comme une remontée in extremis, est aujourd’hui éclaboussé par un scandale de fraude électorale. Le spectre de la manipulation plane sur cette élection aux allures de mascarade, où celui qui semblait battu au premier tour parvient soudainement à s’imposer au second. Une situation rocambolesque qui n’honore ni le PDG, ni la CNOCER.


Sur sa page Facebook, Matsanga Mayila Mariam ne mâche pas ses mots :


“Une fois de plus, le peuple a voté, mais certains ont choisi de trahir la volonté populaire. Des irrégularités flagrantes sont apparues dans les procès-verbaux. Et cette fois, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Comme nous pouvons le constater dans le procès-verbal : 1399 + 1427 = 2826, et non 2795 comme mentionné. Déjà ici, 31 voix disparaissent mystérieusement. En ajoutant les 52 bulletins blancs, on obtient 2826 + 52 = 2878, et non 2837 comme indiqué. Encore un écart de 41 voix. Pour finir, le nombre d’enveloppes (2847) dépasse le nombre d’émargements (2837), soit 10 enveloppes de trop, ce qui est impossible sans bourrage d’urne. En additionnant ces écarts, on constate qu’il y a plus de 600 voix fictives entre les chiffres réels et les chiffres annoncés.”


Ces révélations jettent un discrédit profond sur l’intégrité du processus électoral. Comment expliquer que le nombre de votants dépasse pratiquement le nombre d’électeurs inscrits (5044 inscrits pour 2847 enveloppes) ? Comment comprendre que le total des voix ne corresponde pas aux suffrages exprimés ni aux bulletins comptabilisés ? Pour Matsanga Mayila, les faits sont clairs :


“Tout montre que le procès-verbal a été modifié pour inverser le résultat et fabriquer une victoire artificielle. C’est vraiment dommage de constater qu’au lieu de respecter la volonté du peuple, on préfère trahir la démocratie. Ces incohérences prouvent que le procès-verbal est faux, et que les résultats proclamés sont sans aucune base réelle”


Autant d'éléments qui font planer de lourds soupçons sur l’organisation du scrutin. Une élection entachée d’irrégularités, qui, loin de redorer le blason démocratique de la Ve République, vient au contraire en salir l’image. Une occasion ratée de faire de cette élection un modèle pour la sous-région de l’Afrique centrale. Jean-François Ndongou, même réélu, sort affaibli de cette séquence, désormais dans le collimateur des partisans de Matsanga Mayila et certainement bientôt de la Cour constitutionnelle. Ce scrutin, censé renforcer la légitimité politique, devient au contraire une épine dans le pied du PDG et de ses figures emblématiques.


Alors que le pays aspire à plus de transparence et de justice électorale, cette affaire illustre le retour à la triche qui ronge le Gabon. Matsanga Mayila dénonce une “victoire volée”. Quant à Jean-François Ndongou, il devra porter le fardeau de cette victoire tronquée à en croire Matsanga Mayila.


 

Par Pamphile EBO

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