JACQUES BÉKALÉ, ALIAS «MEDELLIN»
Une opération conjointe de la cellule antidrogue de la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS) et de l'Office Central de Lutte Antidrogue a permis l'arrestation de plusieurs trafiquants gabonais âgés de 21 à 35 ans, impliqués dans un vaste réseau d'écoulement de stupéfiants dirigé depuis l'Afrique de l'Ouest par un dénommé «Socrate», assisté de Jacques Bekalé, alias «Medellin», en fuite au Ghana depuis plus d'un an.
Selon les autorités, les interpellés sont «tous de près ou de loin impliqués» dans l'organisation. L'enquête a reconstitué une logistique sophistiquée : importation depuis le Ghana, dissimulation des produits dans d'autres cargaisons, puis retrait et redistribution dans des quartiers périphériques de Libreville dont le quartier dit Ballon d’or.
Un témoin cité par les forces de l'ordre rapporte la méthode utilisée : «Socrate m'a rencontré en 2023 en me disant qu'il a ses marchandises... qui viennent du Ghana. Je devais les dédouaner. Comme je suis passeur en douane, les douaniers me connaissent très bien»
Les colis étaient ensuite récupérés par une proche, identifiée comme Magaya, qui les remettait au frère de Socrate chargé de la vente sur le terrain. Bien huilée, la mécanique du transport et de la livraison a été décrite dans le détail : appels vidéo pour indiquer le point de dépôt chez un boutiquier, utilisation de colis rapides par bateau pour faire circuler la marchandise entre villes, et emballages trompeurs
«Le premier colis que j'envoie contient 50 petites pierres que j'avais emballées préalablement dans des sachets, que j'ai mis dans le pot de gel. J'ai envoyé le colis à mon ami Donnel par colis, bateau rapide. Ensuite, je lui ai donné deux numéros des personnes à qui il devait remettre une certaine partie »,
selon une déclaration.
Les enquêteurs soulignent que Libreville n'était qu'une des zones de distribution, le réseau s'étendant dans plusieurs agglomérations du pays.
Des sommes importantes auraient transité entre membres et complices, et des disputes sur la répartition des quantités ont éclaté, un témoin évoquant des divergences portant sur les montants remis. La DGSS et l'Office Central poursuivent les investigations pour identifier l'ensemble des maillons de la chaîne et remonter aux têtes de réseau encore en cavale.
Les arrestations marquent un coup de filet significatif, mais les autorités avertissent que le démantèlement complet de l'organisation exige la coopération régionale, notamment avec les forces ouest-africaines, afin de neutraliser les cerveaux présumés restés hors du territoire. Par ailleurs, les autorités appellent tout citoyen disposant d'informations à se manifester via les numéros dédiés ou auprès des brigades locales. Toute aide permettra de préciser l'ampleur des ramifications internationales et de protéger les jeunes Gabonais affectés par ce trafic.