LE GOUVERNEMENT ACCÉLÈRE
La centrale d’achat du Gabon s’impose désormais comme l’un des chantiers les plus scrutés de l’action gouvernementale. Pensée comme une réponse structurante à la vie chère, elle est surtout devenue un marqueur de la capacité du gouvernement à transformer une volonté politique forte en résultats concrets, dans un contexte de pression calendaire dictée par les priorités présidentielles. Au cœur de cette dynamique, une réunion de haut niveau présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, est venue rappeler l’urgence et la rigueur exigées dans la mise en œuvre de cet outil stratégique.
Une réunion de haut niveau sous le sceau de l’urgence
C’est dans une atmosphère de suivi serré et de mobilisation interministérielle que s’est tenue la séance de travail consacrée à la mise en place de la centrale d’achat. Autour de la table, les ministres sectoriels concernés, appuyés par les techniciens et experts des administrations, ont fait le point sur l’état d’avancement du processus. En toile de fond de ce tour de table dirigé par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, une même préoccupation : tenir les délais présidentiels et accélérer la cadence.
La réunion s’inscrit dans la méthode désormais revendiquée par l’exécutif, souvent qualifiée de « méthode Immongault » : suivi régulier, rigueur dans l’exécution et accélération de l’action publique. Pour le gouvernement, la centrale d’achat n’est pas un projet parmi d’autres. Elle est une belle carte à jouer pour restaurer la confiance, améliorer le pouvoir d’achat des ménages et démontrer l’efficacité de la nouvelle gouvernance.
La centrale d’achat au cœur des priorités présidentielles
Prenant la parole, Hermann Immongault a tenu à rappeler le cadre politique et stratégique de cette initiative. «Au titre des priorités présidentielles. À côté de cette priorité, nous avons des mesures phare outre la mise en place des cinq fonds stratégiques, il y a cette centrale d'achat qui est une réponse importante à la situation de la vie chère et dans la perspective de sa mise en place pour coller exigence calendaire du chef de l'État des 30 jours pour la production du plan d'action des 100 jours et surtout des 60 jours pour le contrat de performance, il est plus qu'urgent pour que le gouvernement accélère un peu la cadence dans le processus de mise en place de cette centrale d'achat. Il est attendu que son effectivité dans sa vitesse de croisière aille sur 24 mois, mais les trois premiers mois doivent permettre de produire des signaux les plus visibles et efficaces possibles », a-t-il déclaré.
Pour le vice-président du gouvernement, il s’agit d’une nouvelle donne dans la régulation des circuits d’approvisionnement et la lutte contre la spéculation. La centrale d’achat doit permettre à l’État de reprendre une forme de mainmise sur les mécanismes de formation des prix des produits de grande consommation, afin d’opérer une baisse drastique des coûts pour les populations.
Des délais stricts : 30 jours, 60 jours, 24 mois
La pression du calendrier présidentiel est omniprésente. Hermann Immongault l’a rappelé sans détour : « Pour coller à l’exigence calendaire du chef de l’État, des 30 jours pour la production du plan d’action des 100 jours et surtout des 60 jours pour le contrat de performance, il est plus qu’urgent que le gouvernement accélère un peu la cadence dans le processus de mise en place de cette centrale d’achat ».
Trois horizons temporels structurent désormais l’action gouvernementale. À court terme, les 30 jours pour produire un plan d’action crédible. À moyen terme, les 60 jours pour formaliser un contrat de performance engageant. À plus long terme, une période de 24 mois est envisagée pour atteindre la vitesse de croisière de la centrale d’achat. Mais le vice-président insiste : « Les trois premiers mois doivent permettre de produire des signaux les plus visibles et efficaces possibles ».
Un test grandeur nature de la performance gouvernementale
La centrale d’achat apparaît ainsi comme un véritable test de performance gouvernementale. Sa réussite conditionnera la crédibilité de l’exécutif sur d’autres réformes structurantes. Dans un pays confronté à la flambée des prix et à une forte attente sociale, les marges d’erreur sont faibles.
Les ministres sectoriels ont, tour à tour, présenté l’état d’avancement des dossiers relevant de leurs compétences respectives. Questions juridiques, montage institutionnel, partenariats internationaux, logistique et distribution : tous les aspects ont été passés au crible. L’objectif est de lever les derniers blocages pour entrer rapidement dans la phase opérationnelle.
Une opérationnalisation presque achevée
Selon les parties prenantes, tout est presque prêt pour l’opérationnalisation de cette structure commerciale d’envergure. Le directeur général de la centrale d’achat du Gabon, Théophile Boutamba, a apporté des précisions rassurantes sur le calendrier.
«Aujourd'hui, nous avons fait le point de la partie administrative qui a un peu plus du temps. La semaine prochaine, on donnera le chronogramme. fin premier trimestre, on serait dans la phase des premières commandes. Cette semaine, nous allons boucler certaines parties administratives. Le chronogramme sera frais et nous prendrons à tâche avec les fournisseurs à l'étranger pour pouvoir faire en sorte que les premières commandes soient au Gabon fin premier trimestre début du mois d'avril», a-t-il expliqué. Ces annonces confirment la volonté d’entrer rapidement dans le concret, avec des effets visibles sur le marché national.
Au-delà des prix, un levier économique et social
Si la réduction des prix reste l’objectif central, la centrale d’achat du Gabon porte également d'autres perspectives. Elle devrait contribuer à la création de plusieurs emplois, tant directs qu’indirects, dans les domaines de la logistique, de la distribution, de la gestion et du contrôle.
En structurant les circuits d’importation et de distribution, l’État espère aussi assainir le marché, limiter les pratiques spéculatives et instaurer une concurrence plus saine. À terme, la centrale d’achat pourrait redessiner les rapports de force économiques et instaurer une nouvelle donne bénéfique pour les consommateurs.
Entre volonté politique et attente populaire
La question centrale est : le gouvernement parviendra-t-il à transformer cette volonté politique en résultats concrets et rapides ? La dynamique est enclenchée, la coordination interministérielle est réelle et la pression du calendrier agit comme un puissant accélérateur. Mais les attentes des populations sont immenses.
La centrale d’achat est désormais en ligne de mire. Pour l’exécutif, il s’agit d’une opportunité décisive. Une belle carte à jouer, certes, mais aussi un pari risqué. Car au-delà des annonces, c’est la capacité à produire des effets tangibles sur le quotidien des Gabonais qui jugera, in fine, la réussite ou l’échec de cette réforme emblématique.