COMMENT COMPTE-T-IL RÉGULARISER ?
Libre de toute polémique, le dossier des agents de l’Éducation nationale reste une pomme de discorde depuis plusieurs années. Mais ce 14 janvier 2026, une nouvelle page a été ouverte. La commission interministérielle tripartite a achevé ses travaux après de longues heures d’échanges soutenus, visant à examiner les situations administratives et financières des personnels du secteur. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du Ministre de la Fonction Publique et du Renforcement des Capacités, accompagnée des Ministres de l’Éducation, du Budget, de la Communication et de l’Enseignement Supérieur. Les discussions étaient présidées par le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, dont l’implication constante a permis de conduire les échanges dans un esprit de responsabilité et de rigueur.
De nombreuses régularisations en ligne de mire
Au terme des concertations, plusieurs mesures structurantes ont été adoptées, avec pour objectif la régularisation de 6 574 agents codifiés par la Fonction publique. Parmi elles : la mise en solde de 328 sortants des Écoles normales supérieures (ENS) et de l’École normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET), la mise en pré-salaire de 692 sortants des ENIL et ENEF, ainsi que celle de 108 enseignants des matières scientifiques et de 1 810 anciens bénévoles. Enfin, 4 000 situations administratives bénéficieront de mesures telles que la titularisation avant stage ou le reclassement automatique après stage.
Ces décisions visent à mettre de l’eau dans son vin après des années de tension et de revendications. Le gouvernement insiste sur la mise en œuvre progressive de ces mesures dès février 2026, afin de garantir une régularisation effective et durable.
Les mécanismes administratifs prévus
Le défi majeur reste la complexité administrative du processus. Pour éviter retards et erreurs, une procédure en plusieurs étapes a été définie. D’abord, les agents éligibles seront identifiés et codifiés par la Fonction publique. Ensuite, les ministères concernés — Éducation, Budget, Enseignement supérieur — devront transmettre leurs vérifications documentaires et financières à une cellule centrale de suivi. Cette structure aura pour mission de centraliser les informations, valider les dossiers et assurer la coordination avec les services de paie.
Un calendrier précis a été fixé : les premières mises en pré-salaire interviendront dès février, suivies des titularisations et reclassements avant la fin du premier semestre. L’objectif est de réduire le plus possible les délais et d’éviter que certaines situations ne restent en suspens, en particulier celles qui concernent les enseignants anciens bénévoles, longtemps laissés à l’écart.
Un enjeu économique majeur pour le ministère de l’Éducation
La régularisation de plus de 6 500 agents implique des implications budgétaires importantes. Selon les premières estimations, le ministère de l’Éducation et la Fonction publique devront mobiliser des fonds pour assurer la mise en solde, le pré-salaire et les reclassements. Cette enveloppe comprend non seulement les salaires rétroactifs pour les agents concernés, mais également les contributions sociales et les ajustements liés aux nouveaux statuts administratifs.
Pour le gouvernement, il s’agit de concilier justice sociale et rigueur budgétaire. La mise en place d’une traçabilité des fonds et d’un suivi rigoureux de l’exécution budgétaire est donc essentielle pour éviter toute dérive. Les ministres impliqués ont insisté sur le rôle clé de la coordination interministérielle afin de garantir que chaque étape financière et administrative se déroule sans accrocs.
Vers une solution durable
Si la complexité administrative de ce plan de régularisation reste élevée, la volonté politique affichée est claire. La commission interministérielle a permis de définir un cadre précis, avec des garanties contre les retards et les erreurs. La régularisation progressive devrait ainsi apaiser une pomme de discorde longtemps ressentie par les personnels de l’Éducation nationale.
Pour le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, et les ministres présents, l’objectif est que cette opération ne soit pas seulement corrective mais qu’elle serve de modèle pour les futures politiques de gestion des ressources humaines dans la Fonction publique. La ligne de mire est désormais celle de stabiliser le personnel, de sécuriser les budgets et de restaurer la confiance dans le système administratif.