VENTE DE PLACES AU SEIN DES PANTHÈRES ?
Les Panthères du Gabon auront bientôt un nouveau sélectionneur. Ce sera soit un fils du pays, choisi pour remettre de l’ordre dans une équipe nationale qui peine à trouver son identité, soit un expatrié. Ancien joueur, connaisseur du football local, français, allemand, italien ou portugais, il aura la lourde tâche de redonner une âme et un moral de conquérant à une équipe en phase de reconstruction. Pourtant, beaucoup de supporters regrettent que le football gabonais continue de souffrir d’un mal ancien : le business domine le sportif.
Le gombo a recommencé : quand le football devient marchandise
Dès la nomination d’un coach local, les critiques vont fuser. Sur les réseaux sociaux et dans les tribunes, le même sentiment reviendra : “le gombo a recommencé”. Cette expression locale traduit l’idée que le football, au lieu de se concentrer sur le talent et les performances, est devenu un marché où tout, même l’accès à l’équipe nationale de football, se vend.
Les places monnayées : un fléau pour les Panthères
Le point le plus sensible concerne la vente des places au sein des Panthères. Selon plusieurs sources, certaines places seraient vendues à des tarifs très élevés, indépendamment des performances des joueurs sur le terrain ou en club. “On a l’impression que certaines sélections se font plus selon l’argent ou le piston que selon les statistiques et le talent réel des joueurs”, déplore un ancien entraîneur.
Cette pratique a un effet pervers : les critères objectifs comme les performances en championnat, les statistiques individuelles ou la technique ne semblent pas suffire pour garantir une place en équipe nationale. Certains joueurs talentueux vont se retrouver écartés, tandis que d’autres, moins performants sur le plan sportif, bénéficieraient de connexions ou de moyens financiers.
Un défi pour le nouveau sélectionneur
Si le nouveau sélectionneur est gabonais, la tâche sera double. Il doit non seulement reconstruire une équipe compétitive, basée sur le mérite et les performances, mais aussi résister aux pressions financières et politiques qui influencent les choix depuis belle lurette, surtout quand il s’agit d’un sélectionneur gabonais. Son expérience locale et sa connaissance du football gabonais sont des atouts, mais la lutte contre la vente des places en sélection reste un défi majeur.
Entre espoir et désillusion
La nomination d’un fils du pays sera saluée par certains comme un signe d’espoir. Mais tant que les places seront monnayées et que les choix sportifs passeront après l’argent ou les connexions, les Panthères risquent de ne jamais refléter le vrai potentiel du football gabonais. Le public attend que le talent prime enfin sur la monnaie.
Entre l’opulence des joueurs et la précarité des entraîneurs locaux
Alors que certains joueurs professionnels gabonais évoluant à l’étranger touchent des salaires considérables, souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois, la situation est tout autre pour les entraîneurs locaux. Ces derniers doivent composer avec des rémunérations modestes, parfois insuffisantes pour vivre décemment. Cette disparité crée une tentation difficile à ignorer : céder aux pressions financières, accepter des pots-de-vin ou favoriser des joueurs pour des raisons extra-sportives devient presque un réflexe de survie professionnelle. Ainsi, le contraste entre l’opulence des joueurs et la précarité des entraîneurs locaux alimente le cercle vicieux de la vente des places et fragilise la compétitivité de l’équipe nationale gabonaise.