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SASSOU NGUESSO, L’INUSABLE FAVORI FACE À UNE OPPOSITION ABSENTE

SASSOU NGUESSO, L’INUSABLE FAVORI FACE À UNE OPPOSITION ABSENTE
Présidentielle au Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso favori à 82 ans

La campagne présidentielle a officiellement démarré samedi 28 février en République du Congo, plus connu sous le nom de Congo-Brazzaville. Pendant deux semaines, les candidats en lice vont tenter de convaincre les électeurs avant le scrutin prévu le 15 mars. Mais à mesure que les affiches sont collées et que les premiers meetings s’organisent, une évidence s’impose : le président sortant, Denis Sassou Nguesso, 82 ans, apparaît une nouvelle fois comme le grand favori.


Au pouvoir depuis plus de quatre décennies, l’homme fort de Brazzaville se présente pour un nouveau mandat face à six autres candidats. Une compétition qui, pour de nombreux observateurs, semble déséquilibrée dès le départ.


Une campagne sous haute surveillance


Dès l’ouverture officielle de la campagne, les équipes des différents candidats ont commencé à investir le terrain. Des banderoles ont été déployées dans les principales villes du pays, des caravanes motorisées sillonnent les quartiers populaires et les messages de campagne se multiplient sur les radios locales.


Dans les rues de Brazzaville et de Pointe-Noire, les portraits du président sortant dominent largement l’espace public. Son slogan, axé sur la stabilité et la continuité, met en avant l’expérience et la paix préservée au fil des années. Ses partisans rappellent qu’il a su maintenir le pays à l’écart des conflits majeurs qui ont touché d’autres États de la région.


Les autorités assurent que la campagne se déroulera dans le respect des règles et appellent à des élections « libres et transparentes ». Des dispositifs de sécurité ont été renforcés dans certaines zones sensibles afin d’éviter tout débordement.


Denis Sassou Nguesso, un vétéran du pouvoir


Figure centrale de la vie politique congolaise depuis la fin des années 1970, Denis Sassou Nguesso cumule plus de quarante ans à la tête du pays, avec une interruption entre 1992 et 1997. Revenu au pouvoir à l’issue d’une guerre civile, il n’a plus quitté la présidence depuis.


À 82 ans, il incarne pour ses soutiens l’expérience et la continuité de l’État. Son camp insiste sur les infrastructures réalisées ces dernières années. Routes, bâtiments administratifs, projets énergétiques. Les discours de campagne mettent également en avant les efforts entrepris pour diversifier l’économie, longtemps dépendante du pétrole.


Ses détracteurs, eux, dénoncent une concentration du pouvoir et un système politique verrouillé. Ils estiment que l’alternance est rendue difficile par le poids de l’appareil d’État et par la domination du parti présidentiel sur les institutions.


Une opposition affaiblie


Face au président sortant, six autres candidats sont officiellement en lice. Toutefois, la plupart sont peu connus du grand public et ne disposent pas de structures politiques comparables à celles du parti au pouvoir.


Les principaux partis d’opposition ont choisi de ne pas participer au scrutin. Certains dénoncent des conditions électorales qu’ils jugent inéquitables, évoquant un manque de garanties sur la transparence du processus. D’autres estiment que le rapport de forces est trop déséquilibré pour espérer une véritable compétition.


Cette absence fragilise la crédibilité de l’élection aux yeux d’une partie de l’opinion. Plusieurs analystes notent que sans figures majeures de l’opposition, la campagne risque de manquer de débats contradictoires sur les grandes orientations politiques du pays.


Les enjeux économiques au cœur des débats


Au-delà des candidatures, la situation économique constitue l’un des principaux sujets de préoccupation. Le Congo-Brazzaville, riche en ressources naturelles, reste fortement dépendant des revenus pétroliers. Les fluctuations des cours mondiaux ont mis à mal les finances publiques ces dernières années.


Le chômage des jeunes, le coût de la vie et l’accès aux services publics figurent parmi les préoccupations majeures des électeurs. Dans les quartiers populaires, certains habitants expriment leur lassitude face aux difficultés quotidiennes. « Nous voulons plus d’emplois et de meilleures conditions de vie », confie un commerçant rencontré à Brazzaville.


Le président sortant promet de poursuivre les réformes engagées et de consolider la stabilité macroéconomique. Il met en avant des partenariats internationaux et des programmes d’investissement destinés à moderniser les infrastructures et à soutenir la croissance.


Une élection jouée d’avance ?


Dans les cercles politiques, beaucoup considèrent que le résultat du 15 mars ne fait guère de doute. Le contrôle des institutions, la faible mobilisation de l’opposition et l’implantation territoriale du parti présidentiel donnent à Denis Sassou Nguesso une avance considérable.


Cependant, la participation sera un indicateur clé. Un taux d’abstention élevé pourrait être interprété comme un signe de désenchantement d’une partie de la population. À l’inverse, une forte mobilisation renforcerait la légitimité du scrutin.


Les organisations de la société civile appellent à un vote pacifique et responsable. Elles exhortent les autorités à garantir un dépouillement transparent et à publier rapidement les résultats.


Un scrutin sous le regard international


Comme lors des précédentes échéances, la communauté internationale suit de près le déroulement de la campagne. Des partenaires régionaux et internationaux ont rappelé l’importance du respect des principes démocratiques.


Le Congo-Brazzaville occupe une position stratégique en Afrique centrale. La stabilité politique du pays est considérée comme un facteur important pour l’ensemble de la sous-région. C’est pourquoi le scrutin du 15 mars dépasse le seul cadre national.


Pour l’heure, la campagne se poursuit dans un climat relativement calme. Les prochains jours permettront de mesurer la capacité des candidats à mobiliser au-delà de leurs cercles habituels.


À l’approche du vote, une question demeure. Cette élection marquera-t-elle une simple reconduction du pouvoir en place ou ouvrira-t-elle la voie à des changements plus profonds ? Le 15 mars apportera la réponse, mais pour beaucoup d’observateurs, l’issue semble déjà écrite.

Par Pamphil

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