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ISSA TCHIROMA EXHORTE À L’UNITÉ POUR BÂTIR UN « CAMEROUN NOUVEAU »

ISSA TCHIROMA EXHORTE À L’UNITÉ POUR BÂTIR UN « CAMEROUN NOUVEAU »
Issa Tchiroma appelle à un Cameroun nouveau et mobilisé

Dans un message daté du 27 février 2026, Issa Tchiroma Bakary, président du Front pour la Solidarité Nationale du Cameroun (FSNC), a lancé un appel solennel aux Camerounais, au pays comme à l’étranger. L’ancien candidat à la présidentielle décrit une situation alarmante et appelle à une mobilisation générale pour construire ce qu’il qualifie de « Cameroun nouveau ». Un appel qui, pour certains observateurs, sonne comme un véritable pavé dans la mare dans un contexte politique déjà sous tension.


Une nation en crise profonde


Selon Tchiroma Bakary, le Cameroun traverse une « descente aux abîmes » qui touche tous les secteurs de la vie nationale. Dans son message, il dénonce une crise économique majeure. « L’État est en faillite technique. Mauvais payeur chronique, il contracte, tous les jours, des prêts à l’infini et brade même pour cela des ressources stratégiques ».


Pour lui, le pays traverse une passe difficile, pris dans l’étau d’un endettement croissant et d’une gouvernance contestée. Les retards d’infrastructures, le déficit énergétique et les difficultés d’accès aux soins seraient autant de symptômes d’un État qui peine à sortir la tête de l’eau. « Les populations camerounaises en ressentent les conséquences dans leur chair, au quotidien. Leur avenir est plombé », insiste-t-il.


Dans plusieurs quartiers urbains comme dans les zones rurales, la morosité est palpable. Beaucoup vivent, selon ses mots, comme des « âmes en peine », confrontés à la cherté de la vie et à l’absence de perspectives.


Une gouvernance en panne et des rivalités internes


Au-delà de la crise économique, Tchiroma Bakary dénonce une grave crise de gouvernance. « Le Cameroun n’est plus dirigé. Il est confisqué par le trafic des "hautes instructions". Au sommet de l’État, il n’y a plus de gouvernement. C’est la guerre des chefs de clans ».


Cette sortie, jugée offensive par certains cadres du pouvoir, pourrait être interprétée comme une attaque directe contre les équilibres internes du régime. Pour ses partisans, il met simplement des mots sur un malaise ancien. Pour ses détracteurs, il jette de l’huile sur le feu dans un climat déjà de mauvais auspices.


Il critique également ce qu’il considère comme une crise morale au sommet de l’État. « L’honneur de notre Nation est bafoué par une crise morale. Qui n’a pas été choqué par les images de l’intimité présidentielle dévoyée et la légèreté des mœurs triomphante au sommet de l’État ? Quel exemple pour la jeunesse ? » Des propos qui ont fait mouche auprès d’une frange de l’opinion, lassée des scandales à répétition.


La répression post-électorale au cœur des tensions


L’ancien candidat revient longuement sur les violences post-électorales de 2025. Il évoque « des disparus, une cinquantaine de morts, plus de 3 000 personnes arrêtées ». Selon lui, de nombreux détenus « croupissent sans aucun jugement dans les geôles de cet État barbare. Ils sont affamés et privés de soins, de repas et de visites ».


Ces accusations ravivent le spectre d’une nouvelle crise politique majeure. Dans certains cercles diplomatiques, on redoute que la situation ne dégénère si un dialogue inclusif n’est pas engagé. D’autres estiment que l’opposition affûte ses armes en vue de prochaines échéances, le couteau entre les dents.


Face à cette situation, Tchiroma Bakary lance un appel à la solidarité. « J’en appelle, tout d’abord, à votre générosité pour fournir, par vos dons, aide et assistance en particulier à tous ces enfants de la République privés, victimes de la sanglante répression du régime ». Un appel humanitaire qui, selon lui, dépasse les clivages politiques.


La diaspora appelée à la rescousse


Le message insiste sur le rôle crucial de la diaspora. « Vous qui vivez loin de la terre natale mais portez le Cameroun à cœur (…) ingénieurs à la NASA ou à la Silicon Valley, médecins, chercheurs, enseignants, entrepreneurs et étudiants brillants à travers le monde ».


Pour Tchiroma Bakary, cette diaspora constitue un levier stratégique. Il l’invite à « transcender leurs divergences » et à s’engager dans « la bataille pour le Palais d’Étoudi ». Une formule forte qui traduit une ambition politique assumée.


Selon lui, chacun peut contribuer, à ses risques et périls s’il le faut, à cette dynamique de changement. Il promet la mise en place prochaine d’une plateforme d’adhésion et de coordination.


Un programme de transition comme feuille de route


L’ancien candidat présente son programme de transition comme une solution déjà validée par le peuple. « Une solution existe, et c’est celle que vous avez choisie, en votant pour mon programme de transition par une écrasante majorité le 12 octobre 2025 ».


Il compare la situation politique à un match entré dans sa seconde mi-temps, où chaque camp compte ses buts et ses erreurs. « Nous ne pouvons plus nous permettre la moindre boulette », confie un de ses proches collaborateurs. L’objectif affiché : éviter le chaos et remettre le pays sur les rails.


Tchiroma Bakary appelle à un engagement collectif pour bâtir un « Cameroun nouveau », affirmant que « quand un peuple, uni, se lève, rien ne peut lui résister ». Pour ses partisans, son discours marque un tournant. Pour d’autres, il s’agit d’un pari audacieux dans un environnement politique imprévisible.


Réactions contrastées et avenir incertain


La classe politique réagit avec prudence. Certains estiment que cet appel pourrait ouvrir un espace de débat démocratique. D’autres y voient une initiative qui pourrait rester en travers de la gorge du pouvoir en place.


Des analystes rappellent que le pays traverse une période sensible, où chaque déclaration peut être interprétée comme un signal fort. Si certains saluent le courage de la démarche, d’autres redoutent une escalade verbale et institutionnelle.


En lançant cet appel, Issa Tchiroma Bakary a indéniablement jeté un pavé dans la mare du débat national. Reste à savoir si cette mobilisation annoncée permettra réellement au pays de sortir la tête de l’eau ou si elle marquera le début d’un nouveau bras de fer politique.


Le président du FSNC conclut son message par un appel appuyé : « Je vous appelle, à mes côtés, à cet engagement pour un CAMEROUN NOUVEAU. Vive le Peuple Camerounais. Vive le Cameroun ». Une déclaration qui résonne comme un signal de ralliement dans un pays en quête de repères.


 


 


 

Par Pamphil

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