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CAMEROUN, PREMIÈRE ÉCONOMIE DE LA CEMAC

CAMEROUN, PREMIÈRE ÉCONOMIE DE LA CEMAC
Cameroun domine la CEMAC grâce à une croissance économique diversifiée

Dans une sous-région encore marquée par la dépendance aux matières premières et les turbulences économiques internationales, le Cameroun confirme son statut de première puissance économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Selon les projections actualisées du Fonds monétaire international (FMI) pour l’année 2026, le pays affichera un Produit intérieur brut (PIB) nominal estimé à 65,14 milliards de dollars, loin devant ses voisins communautaires.


Le Cameroun conforte son fauteuil de locomotive économique 


Ce leadership économique n’est pas une surprise pour les observateurs avertis de la zone CEMAC. Depuis plusieurs années déjà, Yaoundé mise sur une stratégie de diversification progressive de son économie afin de réduire sa vulnérabilité aux chocs pétroliers, contrairement à certains pays voisins encore fortement dépendants des hydrocarbures.


Un poids économique écrasant dans la sous-région


Avec près de 40 % du PIB total de la CEMAC, le Cameroun apparaît aujourd’hui comme la véritable locomotive économique de l’Afrique centrale. Cette domination se traduit non seulement par le volume de sa richesse nationale, mais également par la diversité de ses secteurs productifs.


Derrière le Cameroun, le Tchad occupe la deuxième place avec un PIB estimé à environ 25,6 milliards de dollars, porté principalement par les hydrocarbures et certains projets miniers. Le Gabon suit avec un PIB évalué à 23,36 milliards de dollars. Viennent ensuite le Congo avec 15,7 milliards de dollars et la Guinée équatoriale avec près de 12,7 milliards de dollars.


Même si le Gabon conserve le privilège d’être le pays le plus riche par habitant de la sous-région grâce à sa faible démographie et ses revenus pétroliers, il demeure très loin derrière le Cameroun en termes de masse économique globale.


La diversification comme principal atout


Le véritable avantage comparatif du Cameroun réside dans la diversification de son économie. Là où plusieurs États de la CEMAC restent tributaires des recettes pétrolières, le Cameroun s’appuie sur une base productive plus large.


Le secteur tertiaire représente désormais environ 55 % du PIB camerounais. Les services financiers, les télécommunications, le commerce et les transports jouent un rôle croissant dans la dynamique économique nationale.


L’agriculture demeure également une pièce maîtresse de l’économie. Le pays continue de tirer profit de ses filières traditionnelles comme le cacao, le café, le coton, la banane et l’huile de palme. Les autorités camerounaises encouragent désormais davantage la transformation locale afin d’accroître la valeur ajoutée des produits exportés.


Cette stratégie d’import-substitution vise aussi à réduire les dépenses liées aux importations alimentaires, un défi majeur pour de nombreux pays africains.


Le barrage de Nachtigal, symbole sa puissance énergétique en CEMAC


Parmi les grands projets structurants qui soutiennent la croissance camerounaise figure le barrage hydroélectrique de Nachtigal. Sa mise en service progressive représente un tournant stratégique pour le pays.


Depuis plusieurs années, les coupures d’électricité constituaient un frein important au développement industriel. L’amélioration de l’offre énergétique devrait permettre de renforcer la compétitivité des entreprises locales et de soutenir la croissance manufacturière.


La modernisation d’autres infrastructures énergétiques, notamment le barrage de Lagdo, participe également à cette dynamique. Grâce à ces investissements, le Cameroun espère stabiliser durablement son réseau électrique et attirer davantage d’investisseurs étrangers.


Les infrastructures au cœur de la stratégie de croissance


Le gouvernement camerounais poursuit parallèlement une ambitieuse politique de modernisation des infrastructures. Les travaux de l’autoroute Yaoundé-Douala, l’axe Kribi-Lolabé ainsi que l’extension du Port autonome de Kribi traduisent cette volonté de faire du pays le principal hub logistique de l’Afrique centrale.


Le port de Kribi, considéré comme l’un des plus modernes de la sous-région, renforce déjà l’attractivité commerciale du Cameroun. Il constitue une porte d’entrée stratégique pour les échanges régionaux et internationaux.


Les investissements publics dans les bâtiments et travaux publics devraient ainsi continuer à soutenir fortement l’activité économique en 2026.


Mines, gaz et numérique : les nouveaux relais de croissance


Le Cameroun cherche également à développer de nouveaux relais économiques à travers l’exploitation minière. Les projets liés au fer, à la bauxite et à l’or suscitent de grands espoirs pour les prochaines années.


Dans le secteur énergétique, le gaz naturel continue de générer d’importantes recettes publiques, compensant progressivement l’essoufflement de certains champs pétroliers historiques.


Parallèlement, l’économie numérique prend de l’ampleur. Douala s’impose progressivement comme un centre financier régional grâce au développement de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) et à l’essor des fintechs.


Une croissance solide mais des défis persistants


Pour 2026, le FMI projette une croissance de 3,3 %, tandis que la Banque africaine de développement évoque un taux pouvant atteindre 4,3 %. Ces perspectives encourageantes reposent essentiellement sur l’amélioration de l’offre énergétique, les investissements publics et la bonne tenue des services.


Cependant, plusieurs défis demeurent. Le chômage des jeunes, les inégalités sociales, la pression sur la dette publique et les tensions sécuritaires dans certaines régions restent des préoccupations majeures pour les autorités.


Malgré ces obstacles, le Cameroun confirme sa résilience économique et consolide son statut de pilier de la CEMAC. Dans une Afrique centrale en quête d’intégration économique plus poussée, Yaoundé apparaît plus que jamais comme le moteur indispensable de la croissance régionale.

Par Pamphil

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