L’ESPÉRANCE DE VIE PROGRESSE
Cette moyenne nationale montre une réalité contrastée. Les femmes gabonaises vivent plus longtemps que les hommes. Leur espérance de vie est estimée à plus de 71 ans, contre environ 66 ans pour les hommes. Cet écart interpelle autant les autorités sanitaires que les spécialistes des questions sociales.
Une progression lente mais réelle
Il y a encore quelques décennies, le Gabon affichait des indicateurs sanitaires beaucoup plus fragiles. Les maladies infectieuses, la mortalité infantile élevée et le faible accès aux soins dans certaines localités limitaient considérablement l’espérance de vie des populations.
Aujourd’hui, la situation a évolué. Les campagnes de vaccination, le développement des centres hospitaliers, l’amélioration du suivi des femmes enceintes ainsi que l’urbanisation croissante ont contribué à faire reculer plusieurs causes de décès précoces.
Dans les grandes villes comme Libreville, Port-Gentil ou Franceville, l’accès aux structures sanitaires est devenu plus régulier qu’auparavant, même si les inégalités demeurent importantes entre zones urbaines et rurales.
Cette amélioration progressive de l’espérance de vie reflète aussi une évolution des habitudes de vie d’une partie des Gabonais, désormais plus sensibilisés aux questions de prévention médicale.
Les maladies chroniques, nouveau défi national
Mais le tableau est loin d’être entièrement positif. Le Gabon fait désormais face à une transition sanitaire complexe. Les maladies infectieuses reculent progressivement, tandis que les maladies chroniques gagnent du terrain.
Hypertension artérielle, diabète, insuffisance rénale, AVC et maladies cardiovasculaires deviennent des causes majeures de mortalité dans le pays. Les médecins alertent depuis plusieurs années sur l’augmentation des comportements à risque. Alimentation déséquilibrée, consommation excessive d’alcool, tabagisme, sédentarité et stress urbain.Dans plusieurs hôpitaux publics, les consultations liées aux maladies non transmissibles explosent. Cette situation exerce une forte pression sur un système de santé souvent confronté à des difficultés matérielles, au manque d’équipements spécialisés et à l’insuffisance du personnel médical dans certaines provinces.
Les hommes plus exposés
L’écart d’espérance de vie entre hommes et femmes s’explique par plusieurs facteurs. Les hommes gabonais sont davantage exposés aux accidents de la route, aux comportements dangereux et aux maladies cardiovasculaires.
Les spécialistes évoquent également un rapport plus tardif des hommes aux soins médicaux. Beaucoup consultent uniquement lorsque les complications deviennent graves, réduisant ainsi les chances de prise en charge précoce.
À cela s’ajoutent les pressions économiques et sociales qui affectent fortement une partie de la population masculine active.
Un enjeu stratégique pour l’État
L’amélioration de l’espérance de vie constitue désormais un enjeu majeur pour les autorités gabonaises. Car vivre plus longtemps ne suffit pas. Encore faut-il vivre en bonne santé.
Le défi des prochaines années sera donc d’investir davantage dans la prévention, les infrastructures hospitalières, la formation des médecins et l’accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire national.
Dans un pays qui ambitionne de renforcer son modèle social et son attractivité régionale, la santé publique apparaît plus que jamais comme un indicateur essentiel du développement humain.
Oui, l’espérance de vie au Gabon a connu une progression régulière au cours des quinze dernières années. Les statistiques montrent que les Gabonais vivent aujourd’hui plus longtemps qu’au début des années 2010, même si cette amélioration reste plus lente que dans certains pays émergents. ([countryeconomy.com][1])
Voici l’évolution approximative de l’espérance de vie au Gabon :
En 2011 : environ 65,1 ans
En 2016 : environ 66,6 ans
En 2021 : environ 67,1 ans
En 2026 : environ 68,9 ans ([countryeconomy.com][1])
Concrètement, le Gabon a gagné près de 4 années d’espérance de vie en quinze ans. Cette progression s’explique par plusieurs facteurs.
D’abord, les campagnes de vaccination et le suivi médical des enfants ont permis de réduire progressivement la mortalité infantile. Ensuite, l’amélioration de l’accès aux soins dans certaines zones urbaines a contribué à mieux prendre en charge des maladies autrefois très mortelles. ([Worldometer][2])