tvplusafrique

Société

FORTEMENT CORROMPU : DES MILLIARDS ÉVAPORÉS

FORTEMENT CORROMPU  : DES MILLIARDS ÉVAPORÉS
Gabon fortement corrompu coût du silence des milliards au peuple

Le Gabon est enfoncé au 135e rang mondial selon le rapport 2025 de Transparency International, affichant un score de 29/100 qui confirme une corruption systémique. Ce verdict sans appel révèle que la richesse nationale, issue de ressources stratégiques, s'évapore au détriment des services publics essentiels. Plus qu'un chiffre, c'est un coût humain insupportable pour la population qui subit la misère, illustrant le paradoxe cruel d'un pays riche dont l'avenir est hypothéqué par le vol organisé.


Un verdict sans appel de Transparency International


Le dernier rapport de Transparency International résonne comme un rappel brutal pour le Gabon. Dans son Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2025, l’organisation attribue au pays un score de 29 sur 100, le maintenant dans la catégorie des États « fortement corrompus ».


Plus encore, le Gabon se classe 135e sur 180 pays évalués, confirmant une stagnation inquiétante dans la lutte contre la corruption. Avec ces chiffres froids il apparaît un pays riche en ressources, mais pauvre dans la redistribution et la confiance publique.


Une richesse nationale qui s’évapore dans les circuits opaques


Le Gabon est souvent présenté comme un pays à fort potentiel économique, notamment grâce à ses ressources pétrolières, forestières et minières. Pourtant, ce potentiel semble constamment dilué dans des circuits opaques où l’argent public disparaît avant d’atteindre les besoins essentiels.


Dans les marchés de Libreville comme dans les villages de l’intérieur, les citoyens racontent la même histoire. Routes dégradées, hôpitaux sous-équipés, écoles insuffisantes. Pendant ce temps, les annonces de budgets publics records s’accumulent dans les discours officiels.


Le paradoxe est cruel. Pus les ressources existent, plus le sentiment de privation s’installe.


Le coût humain du « silence des milliards »


La corruption n’est pas seulement une affaire de chiffres ou de classements internationaux. Elle est d’abord une réalité humaine.


Chaque point perdu dans l’IPC correspond, dans les faits, à des services publics dégradés. Au Gabon, cela se traduit par des patients qui meurent faute de soins rapides, des enfants qui étudient dans des classes surchargées, et des jeunes diplômés qui abandonnent tout espoir d’insertion professionnelle.


Le « silence des milliards », c’est aussi celui des projets jamais achevés, des infrastructures annoncées mais jamais livrées, et des fonds publics dont la traçabilité reste floue pour le citoyen ordinaire.


Une confiance citoyenne en chute libre


Dans un pays où la perception de la corruption est aussi élevée, la confiance entre gouvernants et gouvernés s’érode dangereusement.


Beaucoup de Gabonais ne croient plus aux promesses de réformes. Ils observent, souvent avec résignation, la répétition des mêmes scandales et des mêmes dénonciations sans suite concrète.


Les institutions face à leur propre limite


Les institutions censées lutter contre la corruption existent, mais leur efficacité reste régulièrement remise en question. Les dispositifs de contrôle, d’audit et de sanction sont souvent perçus comme insuffisamment indépendants ou sous-exploités.


Dans ce contexte, les mécanismes de prévention peinent à produire des résultats visibles. Les enquêtes sont rares, les condamnations encore plus, et les affaires sensibles s’enlisent dans des procédures longues et complexes.


Le résultat est connu. Un sentiment d’impunité qui alimente le cycle de la corruption.


Une économie étouffée par les pratiques informelles


La corruption ne détruit pas seulement les finances publiques, elle déforme aussi l’économie. Les investisseurs, locaux comme étrangers, hésitent à s’engager dans un environnement où les règles semblent instables ou contournables.


Les petites et moyennes entreprises, elles, sont souvent les premières victimes de ces pratiques. Accès au marché public biaisé, frais informels, lenteurs administratives. Autant d’obstacles qui freinent leur développement.


Ainsi, une partie de l’économie gabonaise reste enfermée dans l’informel, limitant la création d’emplois stables et durables.


Une jeunesse entre frustration et exil


Le plus inquiétant reste sans doute la réaction de la jeunesse. Face à un système perçu comme verrouillé, de nombreux jeunes Gabonais choisissent l’exil ou la résignation.


Diplômés sans emploi, entrepreneurs découragés, talents perdus. La corruption agit comme une fuite silencieuse des compétences. Ceux qui restent doivent souvent composer avec un système où la méritocratie semble affaiblie.


Cette dynamique alimente un cercle vicieux. Moins de confiance, moins d’investissement, moins d’opportunités.


Sortir du cycle : une urgence nationale


Le rapport de Transparency International  constitue un signal d’alarme.


Pour le Gabon, l’enjeu dépasse largement les classements internationaux. Il s’agit de reconstruire la confiance, de restaurer la transparence et de replacer l’intérêt public au centre de l’action politique.


Cela implique des réformes profondes. Renforcement des institutions de contrôle, protection des lanceurs d’alerte, digitalisation des procédures administratives, et surtout, une volonté politique constante et visible.


Un choix de société


Le classement de 135e sur 180 pays et le score de 29/100 ne sont pas une fatalité. Ils sont le reflet d’un moment, d’un système et de choix accumulés.


Mais ils posent une question fondamentale au Gabon. Quel avenir pour un pays où les ressources existent ?


Le coût du silence des milliards n’est pas abstrait. Il se mesure dans les vies fragilisées, les espoirs brisés et les générations qui doutent.




Par Pamphil

Top Articles