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DES DIPLÔMES, MAIS PAS DE TRAVAIL

DES DIPLÔMES, MAIS PAS DE TRAVAIL
La crise du chômage des jeunes diplômés au Gabon s'aggrave.

À Libreville, Port-Gentil, Franceville, Oyem ou Mouila, ils sont des milliers à vivre la même réalité écoeurante. Chaque matin, ils se réveillent avec l'espoir d'un appel, d'un message ou d'une convocation qui pourrait enfin changer leur vie. Pourtant, les jours passent, les mois s'accumulent et parfois les années défilent sans qu'aucune opportunité ne se présente.


Ils ont étudié. Ils ont travaillé dur. Ils ont obtenu leurs diplômes avec la conviction qu'un avenir meilleur les attendait. Mais aujourd'hui, beaucoup d'entre eux se retrouvent assis à la maison, prisonniers d'un chômage qui semble ne jamais vouloir les quitter.


Au travers de chaque diplôme rangé dans une armoire se cache une histoire de sacrifices, de rêves et parfois de profondes désillusions.


Des parents qui ont tout donné


Dans les quartiers populaires comme dans les villages les plus reculés du pays, des parents se sont privés pendant des années pour offrir une éducation à leurs enfants.


Des mères ont vendu du poisson sous le soleil brûlant. D'autres ont passé leurs journées au marché pour économiser quelques milliers de francs CFA. Des pères ont multiplié les petits emplois, travaillé de nuit ou quitté leurs familles pendant de longues périodes afin de payer les frais de scolarité.


Ils croyaient en une promesse simple. L'école ouvrirait les portes d'un avenir meilleur.


Aujourd'hui, ces mêmes parents regardent leurs enfants diplômés rester à la maison. Ils les voient partir déposer des dossiers qui restent sans réponse. Ils les voient revenir, le regard vide, après un entretien infructueux.


Dans le silence des foyers, certains parents pleurent en cachette. Non pas parce que leurs enfants ont échoué, mais parce qu'ils ont réussi sans pour autant trouver leur place dans la société.


Des diplômes qui prennent la poussière


Licence, Master, BTS, DUT, diplôme d'ingénieur ou de technicien supérieur. Les titres sont nombreux, mais les emplois demeurent rares.


Dans certaines familles, les diplômes encadrés sur les murs sont devenus le symbole d'une attente interminable.


À 25 ans, 30 ans ou parfois même 35 ans, de nombreux jeunes continuent de dépendre financièrement de leurs parents, de vivre sous le toit des parents. Une situation difficile à vivre pour ceux qui rêvaient d'autonomie, de responsabilité et de réussite.


Le plus douloureux est souvent le regard des autres.


« Tu travailles où maintenant ? »


Une question banale pour certains, mais qui peut devenir une véritable blessure pour celui qui l'entend quotidiennement sans pouvoir y répondre.


Peu à peu, la confiance s'effrite. L'estime de soi diminue. Certains finissent par douter de leurs compétences alors même qu'ils ont consacré plusieurs années à leurs études. D'autres encore sont écartés des réunions et des grandes décisions familiales. Ils sont regardés comme des vauriens. Les pensées de suicide s'installent chez certains.


Le poids psychologique du chômage


Le chômage ne vide pas seulement les poches. Il vide aussi les cœurs.


Derrière les sourires affichés sur les réseaux sociaux se cachent parfois des jeunes qui souffrent en silence. Beaucoup vivent difficilement la dépendance financière prolongée. D'autres ressentent une profonde frustration en voyant leurs projets de vie constamment reportés.


Comment fonder une famille sans revenu stable ? Comment construire une maison ? Comment aider ses parents vieillissants lorsque l'on dépend encore de leur soutien ?


Ces interrogations deviennent parfois des sources d'angoisse permanentes.


Dans plusieurs familles gabonaises, le chômage des diplômés est devenu un sujet sensible. Certains jeunes évitent même les réunions familiales afin de ne pas avoir à répondre aux questions sur leur situation professionnelle.


Certains refusent pourtant d'abandonner


Incroyable mais, vrai. Malgré les difficultés, beaucoup continuent de se battre.


Chaque jour, ils consultent les offres d'emploi, rédigent des lettres de motivation, participent à des concours administratifs ou cherchent à développer des activités génératrices de revenus.


Certains créent de unités génératrices de revenus soudant dans le secteur informel. D'autres plongent dans l'alcoolisme ou finissent en prison. Beaucoup refusent cependant de céder au découragement malgré les obstacles.


Cette résilience force le respect.


Car derrière chaque candidature envoyée se cache une volonté de réussir. Derrière chaque refus se trouve une personne qui continue malgré tout à croire en son avenir.


Un défi national


La question de l'emploi des jeunes diplômés dépasse désormais le cadre individuel. Elle constitue un véritable défi national.


Un pays qui forme sa jeunesse investit dans son avenir. Mais lorsque cette jeunesse peine à trouver sa place dans le monde professionnel, c'est toute la société qui s'interroge.


Les compétences existent. Les talents sont là. Les ambitions aussi.


Ce que réclament ces jeunes n'est pas l'assistance. Ils demandent simplement une chance. Une opportunité de démontrer leur valeur. Une occasion de mettre leurs connaissances au service du développement du Gabon.


Quel est leur espoir


Si certains se sont définitivement découragés, d'autres espèrent encore. 


Chaque jeune diplômé sans emploi a une histoire à raconter. Chaque parent a une inquiétude à partager.


En attendant ce jour, des milliers de diplômes continuent d'attendre parfois en larmes quand ils se retrouvent seuls dans la chambre, un travail.


 

Par Pamphil

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