tvplusafrique

Sante

VIH À BITAM, 70 PATIENTS SORTIS DU SUIVI, LE DÉFI DE LA CONTINUITÉ DES SOINS

VIH À BITAM, 70 PATIENTS SORTIS DU SUIVI, LE DÉFI DE LA CONTINUITÉ DES SOINS
Soixante-dix patients vivant avec le VIH sont aujourd’hui considérés comme perdus de vue à Bitam. Derrière cette situation se profile notamment la question de la stigmatisation et de la confidentialité des soins.

À Bitam, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH se heurte à un obstacle de taille : la rupture du suivi médical. Sur 197 patients recensés à l’hôpital départemental entre 2024 et 2026, 70 ne se présentent plus régulièrement pour recevoir leur traitement antirétroviral. Derrière ces chiffres se pose une question essentielle : comment maintenir les patients dans le parcours de soins lorsque la peur du regard des autres et la recherche de discrétion peuvent conduire certains à s’éloigner de leur lieu de prise en charge ?


Une prise en charge fragilisée


Sur les 197 patients enregistrés dans l’établissement, seuls 127 poursuivent actuellement leur traitement sur place. Les 70 autres sont considérés comme « perdus de vue », une situation qui complique le suivi médical et peut compromettre la continuité de leur prise en charge.
Pour les équipes sanitaires, l’enjeu ne consiste donc plus seulement à assurer la disponibilité des antirétroviraux. Il s’agit également de renouer le contact avec des patients dont le parcours médical s’est interrompu, afin de les ramener vers un suivi régulier.


La recherche de discrétion en question


Dans cette zone frontalière, certains patients auraient choisi de poursuivre leurs soins en Guinée équatoriale ou au Cameroun. Un choix qui pourrait notamment s’expliquer par la volonté de préserver leur anonymat.
Le VIH reste en effet associé à de nombreuses représentations négatives. La crainte d’être identifié comme malade, d’être jugé ou discriminé peut pousser certaines personnes à s’éloigner de leur environnement habituel. Dans ces conditions, se faire soigner ailleurs peut apparaître comme un moyen de protéger sa vie privée.


Au-delà du traitement, restaurer la confiance


La situation de Bitam met ainsi en évidence une dimension souvent moins visible de la lutte contre le VIH : la confiance entre les patients et le système de santé. La disponibilité des médicaments ne suffit pas si les personnes concernées ne se sentent pas suffisamment protégées dans leur intimité.
Pour retrouver les 70 patients, les services de santé devront donc combiner recherche des personnes perdues de vue, accompagnement et garanties de confidentialité. L’objectif est de permettre à chacun de reprendre son traitement dans un environnement où la peur de la stigmatisation ne constitue pas un frein aux soins. Dans cette localité frontalière, la bataille contre le VIH se joue ainsi autant dans la continuité thérapeutique que dans la capacité du système de santé à rassurer et à protéger les patients.

Par ANGUE

Top Articles