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GABON, UNE ÉCONOMIE EN CROISSANCE, MAIS UN CHÔMAGE TOUJOURS ÉLEVÉ

GABON, UNE ÉCONOMIE EN CROISSANCE, MAIS UN CHÔMAGE TOUJOURS ÉLEVÉ
Au Gabon, les richesses progressent, mais les emplois restent insuffisants. Avec un taux de chômage estimé à 20,2 % en 2025, le pays figure parmi les plus touchés du continent, selon l’OIT et la Banque mondiale. Chez les jeunes, la situation est encore plus préoccupante.

Selon les estimations de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de la Banque mondiale, le Gabon figurait en 2025 parmi les pays africains affichant les taux de chômage les plus élevés. Avec un taux estimé à 20,2 %, le pays occupait le 5ᵉ rang continental, derrière l’Eswatini, l’Afrique du Sud, Djibouti et le Botswana. Derrière cette statistique se cache une réalité encore plus préoccupante : celle d’une jeunesse confrontée à un marché du travail qui peine à absorber les nouveaux demandeurs d’emploi.


Plus d’un jeune sur trois sans emploi


D’après le Rapport national sur le développement humain publié en 2026, le chômage touche particulièrement les 15-24 ans. Leur taux de chômage atteignait 36,3 % en 2025, soit plus d’un jeune sur trois. Les données du Programme national de promotion de l’emploi (PNPE) permettent de mesurer l’ampleur du déséquilibre. Chaque année, environ 12 187 jeunes se présentent à la recherche d’un emploi, pour seulement 1 932 postes disponibles en moyenne.
L’écart dépasse ainsi les 10 000 opportunités annuelles. Une situation qui traduit les difficultés persistantes du marché du travail à absorber une population active de plus en plus nombreuse.


Une croissance qui ne se traduit pas assez en emplois


Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’économie gabonaise affiche des signes de reprise. Le PIB a progressé de 2,5 % en 2025, tandis que les autorités annoncent près de 22 000 emplois créés dans le secteur privé depuis 2023.
Ces chiffres ne sont pourtant pas nécessairement contradictoires. Ils révèlent surtout les limites d’un modèle économique dans lequel la création de richesse ne s’accompagne pas toujours d’une création d’emplois suffisante.


Le poids des secteurs extractifs


L’une des principales explications réside dans la structure de l’économie gabonaise. Le pays reste fortement dépendant des activités extractives, notamment le pétrole et le manganèse, qui génèrent d’importantes recettes mais nécessitent relativement peu de main-d’œuvre.
Autrement dit, l’économie peut continuer à progresser sans absorber suffisamment de travailleurs.
Cette situation pose donc la question de la capacité du modèle actuel à répondre aux besoins d’une population jeune et de plus en plus nombreuse à entrer sur le marché du travail.


La diversification comme réponse


Pour inverser la tendance, le Gabon doit davantage miser sur les secteurs capables de générer massivement des emplois. L’agroalimentaire, le BTP, le tourisme et le numérique apparaissent notamment comme des secteurs à fort potentiel.
Cette diversification doit également s’accompagner d’un meilleur rapprochement entre les formations et les besoins réels des entreprises. L’objectif est de permettre aux jeunes d’acquérir des compétences directement valorisables sur le marché du travail.


Transformer la croissance en opportunités


Le véritable défi pour le Gabon n’est donc plus seulement de générer de la croissance, mais de parvenir à la transformer en emplois durables et accessibles. Car une économie peut afficher de bonnes performances macroéconomiques tout en laissant une partie importante de sa population en marge du marché du travail.
Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de faire de la croissance un véritable levier d’insertion économique et sociale. Sans une accélération de la diversification et de la création d’emplois, les performances économiques risquent de rester insuffisamment perceptibles dans le quotidien des Gabonais.

Par ANGUE

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