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LES VIEILLES DETTES DU RÉGIME D'ALI BONGO RATTRAPENT-ELLES LES AMBITIONS D’OLIGUI NGUEMA ?

LES VIEILLES DETTES DU RÉGIME D'ALI BONGO RATTRAPENT-ELLES LES AMBITIONS D’OLIGUI NGUEMA ?
Alors que le Gabon multiplie les chantiers et les investissements sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, plusieurs engagements financiers hérités de l’ancien régime refont surface.

Dernier épisode en date Bosch Capital qui réclame environ 330 millions de dollars au Gabon au titre d’une créance provenant de Paramount Group. Une situation qui pose une question centrale, jusqu’où le nouveau Gabon doit-il assumer les contrats conclus sous Ali Bongo Ondimba ?


Depuis le changement de régime du 30 août 2023, le Gabon affiche une volonté de transformation accélérée. Routes, logements, infrastructures publiques, établissements scolaires, projets énergétiques ou industriels, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a engagé l’État dans une politique de grands travaux destinée à répondre aux attentes accumulées au sein de la population.


Cette nouvelle capacité d’investissement du pays intervient cependant avec un héritage, celui des engagements financiers contractés avant l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités.


Le dossier Paramount en constitue aujourd’hui une spectaculaire illustration.


330 MILLIONS DE DOLLARS RÉCLAMÉS


Le 24 août 2026, Bosch Capital a adressé une mise en demeure aux autorités gabonaises. Le fonds sud-africain réclame environ 330 millions de dollars, soit près de 200 milliards de FCFA, avec une échéance fixée au 3 septembre.


Mais Bosch Capital n’est pas à l’origine du contrat.


Le fonds affirme avoir acquis en 2025 les droits sur une créance détenue auparavant par Paramount Group. Celle-ci trouve son origine dans une relation commerciale et militaire ancienne entre le Gabon et le groupe sud-africain, et notamment dans un contrat conclu en 2014, lorsque le pays était dirigé par Ali Bongo Ondimba. Douze ans plus tard, c’est donc au pouvoir actuel qu’est présentée la facture.


OLIGUI NGUEMA HÉRITE AUSSI DU PASSIF


C’est tout le paradoxe auquel se trouve confronté le nouveau régime. En arrivant au pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas seulement hérité des institutions ou des ressources du Gabon. L’État est une continuité, il hérite également de ses engagements, de ses contentieux et de ses dettes. Un changement de président n’efface donc pas automatiquement les obligations contractées précédemment.


Mais continuité de l’État ne signifie pas paiement automatique de toute somme réclamée.


C’est précisément sur ce terrain que Libreville semble vouloir placer le débat, que devait réellement Paramount au Gabon et qu’a effectivement reçu le pays en contrepartie des sommes aujourd’hui réclamées ?


Le montant de 330 millions de dollars doit notamment pouvoir être retracé, contrat initial, prestations exécutées, factures émises, sommes déjà versées, éventuels intérêts, pénalités et décisions arbitrales.


LES CHANTIERS DU NOUVEAU GABON ATTIRENT-ILS LES ANCIENS CRÉANCIERS ?


La séquence interpelle d’autant plus qu’elle intervient au moment où le Gabon affiche une importante politique d’investissement public.


Le signal envoyé est celui d’un État qui construit et qui mobilise à nouveau des ressources importantes. Il serait toutefois hasardeux d’affirmer, sans preuve, que Bosch Capital réclame aujourd’hui son argent parce que les créanciers auraient observé les chantiers lancés par Oligui Nguema. Mais politiquement, la coïncidence nourrit une interrogation, à mesure que le Gabon retrouve des capacités d’investissement, combien d’autres engagements financiers hérités de l’ancien régime pourraient-ils ressurgir ?


Paramount pourrait ainsi dépasser le simple cadre d’un contentieux commercial.


PAYER, OUI. MAIS PAYER QUOI ?


Pour le Gabon, l’enjeu n’est pas de nier le principe de continuité de l’État. Il est de déterminer précisément ce que l’État doit réellement.


Car près de 200 milliards de FCFA représentent autant de ressources qui, si la créance était intégralement reconnue et payée, ne pourraient être affectées ailleurs. La question devient alors celle de la responsabilité et de la traçabilité.


Qui a engagé l’État ? Pour quelles prestations ? Qu’est-ce qui a réellement été livré ? Combien le Gabon a-t-il déjà payé ? Et comment arrive-t-on aujourd’hui à 330 millions de dollars ?


Avant de payer les factures du passé, le nouveau Gabon est en droit d’exiger que chaque franc réclamé soit documenté. Le dossier Paramount ouvre ainsi un débat beaucoup plus vaste, celui de l’héritage financier laissé par l’ancien régime et de son poids sur les ambitions de développement du Gabon d’aujourd’hui.


 

Par Rédaction TV+ AFRIQUE

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