LOGEMENTS POUR ENSEIGNANTS, LES INDEMNISATIONS FONT DÉBAT
À Plaine Ayémé, dans la zone de Tchad, le projet d’aménagement foncier destiné notamment à accueillir des logements pour les enseignants se heurte à une difficulté majeure : l’indemnisation des populations installées sur le site. Alors que le projet doit transformer plusieurs centaines d’hectares, les familles concernées estiment que les montants proposés ne correspondent ni à la valeur de leurs biens ni aux pertes qu’elles devront supporter.
250 familles concernées
Le recensement effectué par les autorités fait état de quelque 250 familles impactées par cette opération. Pour ces riverains, le problème ne réside pas dans le principe même du projet. Ils disent comprendre la nécessité de développer les infrastructures et affirment ne pas vouloir s’opposer à l’aménagement du site.
C’est plutôt la manière dont les compensations ont été évaluées qui suscite leur mécontentement. Habitations, plantations et autres activités agricoles auraient, selon eux, fait l’objet d’une estimation qu’ils considèrent largement en dessous de leur valeur réelle.
Un barème agricole contesté
Au cœur des revendications figure également la méthode utilisée pour déterminer la valeur des cultures. Les populations déplorent un manque de clarté autour du barème agricole appliqué et souhaitent que les critères retenus pour établir les indemnisations soient davantage expliqués.
Pour elles, une compensation juste ne peut être dissociée de la réalité économique des biens abandonnés et des revenus que certaines familles tirent de leurs activités agricoles.
Le relogement comme alternative
Face à cette situation, les familles impactées ne se limitent pas à réclamer une revalorisation des indemnisations. Elles proposent également des solutions susceptibles de permettre au projet de se poursuivre sans laisser les populations concernées sans perspective.
La première consiste à intégrer directement les familles impactées au programme de logements prévu pour les enseignants. La seconde serait de leur attribuer un terrain aménagé, sécurisé sur le plan foncier et doté de titres de propriété, afin qu’elles puissent y reconstruire leurs habitations.
Éviter un bras de fer
Financé par l’État gabonais dans le cadre d’un partenariat public-privé, le projet doit s’étendre sur 539 hectares. Son ambition est notamment de renforcer l’offre de logements destinés aux personnels de l’Éducation nationale.
Mais avant le démarrage effectif des travaux et toute opération de déguerpissement, les populations souhaitent désormais un dialogue plus approfondi avec les autorités. Leur revendication est claire : obtenir une compensation qu’elles jugent équitable ou bénéficier d’une véritable solution de relogement.
À Plaine Ayémé, l’enjeu dépasse donc la seule question financière. Il s’agit désormais de trouver un compromis entre la réalisation d’un projet d’intérêt public et la protection des droits des familles qui occupent les espaces concernés.