MAIRIE SANS PAPIER
Port-Gentil. La mairie au cœur de la grogne des usagers. Deux semaines de difficultés pour obtenir des actes d’état civil. À Port-Gentil, la mairie fait face à la colère de plusieurs usagers confrontés, depuis plus de deux semaines, à d’importantes difficultés pour obtenir des photocopies et des souches de pièces d’état civil. À l’origine de cette situation, une supposée rupture de rames de papier, qui aurait fortement perturbé le fonctionnement du service concerné.
Une situation difficilement compréhensible pour les populations, notamment pour les parents qui doivent constituer des dossiers scolaires ou administratifs dans des délais parfois très courts.
« Moi, par exemple, je n’habite pas ici, je suis en province. Je dois repartir »
témoigne une usagère. Son déplacement à Port-Gentil est motivé par la nécessité d’obtenir un document relatif à la naissance de son enfant.
« On exige la souche et je ne peux la voir qu’ici, à Port-Gentil, parce que l’enfant est né ici »
explique-t-elle au micro de Jocelyn Reckawe de TV+Afrique .
Des usagers entre incompréhension et exaspération
Pour les familles concernées, ces difficultés ne sont pas sans conséquences. Certains enfants doivent être inscrits dans des établissements scolaires, tandis que d’autres préparent déjà des examens de fin d’année.
« Ça fait deux semaines que ce problème dure. On ne nous dit rien, on nous parle de papier »
déplore une autre usagère, visiblement agacée par les nombreux allers-retours effectués sans parvenir à obtenir les documents recherchés.
Selon elle, les propositions avancées par certains usagers pour contribuer à débloquer la situation n’auraient pas été retenues.
« Maintenant, qu’est-ce qu’on doit faire en tant qu’usagers ? On fait quoi ? »
s’interroge-t-elle.
La situation devient d’autant plus préoccupante que la souche d’acte de naissance constitue une pièce exigée dans certains dossiers scolaires. « Sans ce papier-là, on ne peut pas inscrire nos enfants », souligne-t-elle, rappelant que certains élèves doivent également disposer de leurs documents pour pouvoir se présenter aux examens.
Le manque de papier mis en cause
Face à cette situation, les usagers réclament surtout des explications claires de la part de la municipalité.
« Soit leur imprimante ne fonctionne pas, il faut dire aux usagers ce qui se passe. Ou alors, la mairie ne peut pas payer des rames de papier »
avance une usagère.
Dans l’hypothèse où le problème serait réellement lié à l’approvisionnement en papier, certains se disent même prêts à participer financièrement. « S’ils sont incapables de payer des rames de papier, demandez aux usagers d’amener du papier à quatre. On va acheter du papier à quatre », propose-t-elle.
Mais au-delà du coût du papier, c’est la continuité du service public qui est remise en question.
« Une rame de papier ne peut pas manquer à une institution comme la mairie. Ce n’est pas possible »
martèle un usager, estimant que les documents administratifs ne peuvent rester bloqués pendant plusieurs jours.
Une situation finalement débloquée
Selon des sources recueillies sur place, les difficultés seraient liées à une lenteur du fournisseur agréé de la mairie. Alors que l’équipe de TV Plus était encore présente pour réaliser son reportage, la situation qui perdurait depuis deux semaines aurait finalement connu un dénouement.
Le Trésor aurait procédé au décaissement du montant nécessaire, permettant ainsi de rétablir progressivement le service. Les images prises sur place témoignaient alors d’une forte affluence et de bousculades, signe de l’impatience accumulée par les usagers.
« Je remercie le ciel qu’aujourd’hui ils m’ont reçu »
confie une usagère, soulagée après plusieurs jours de va-et-vient.
La mairie face au défi de la continuité du service
Les réformes engagées par la nouvelle équipe à la tête de la gestion municipale se heurtent certes à d’importantes difficultés, mais celles-ci ne semblent pas entamer sa détermination.
Reste désormais à espérer que les pères et mères de famille pénalisés par cette situation puissent rapidement récupérer leurs documents et que cet épisode ne soit bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Pour les populations, l’enjeu demeure surtout de garantir la disponibilité permanente des services essentiels de l’état civil.