CHOC TSHISEKEDI-KABILA
Le  
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Pays: Gabon
Joseph Kabila rompt le silence et déclare la RDC en péril.
Le réquisitoire d'une République confisquée
Pour l'ancien président, la dérive autoritaire a atteint un point de non-retour. Il fustige un pouvoir personnel guidé par la « seule volonté du chef de l’État » qui, selon ses termes, « considère le Congo comme une propriété privée ». Cette personnalisation outrancière des institutions aurait, selon lui, « engendré un système de gouvernance plus soucieux du maintien du statu quo que du bien-être de la population ».
Le constat est d'autant plus sévère que Joseph Kabila franchit un cap rhétorique en affirmant que la RDC « n’est plus une République, et encore moins une République démocratique ». Il dénonce avec virulence une gestion étatique gangrenée par « l’institutionnalisation du tribalisme et du népotisme », la discrimination des minorités ainsi que le pillage des propriétés publiques. Cette sortie frontale vise clairement à jeter le discrédit sur les réformes promises par l'actuel exécutif.
Le dialogue de la discorde et l'impasse de l'Est
Alors que la guerre fait rage dans l'est du pays entre l'armée régulière et les rebelles de l'AFC/M23 soutenus par le Rwanda, Kabila estime que la stratégie purement militaire du gouvernement est une impasse. Selon lui, la poursuite des affrontements ne résoudra en rien les crises politiques et sécuritaires. Il accuse directement le pouvoir de tourner le dos aux issues diplomatiques. Pour l'ancien dirigeant, « le dialogue n’est pas une option », mais la seule issue viable.
Cette prise de parole jette de l'huile sur le feu alors que le torchon brûle déjà entre la majorité et l'opposition. En août dernier, Félix Tshisekedi avait initié un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État ». Mais ce projet, loin d'unifier, cristallise les tensions. Les alliés de Kabila en contestent fermement les modalités et exigent de réelles garanties d'inclusivité. Face à ce qu'ils considèrent comme un monologue officiel, Kabila oppose son propre plan en 12 points, publié l'an dernier, axé sur la neutralisation des groupes armés et le retrait des forces étrangères.
Un bras de fer qui paralyse la nation
Ce nouveau bras de fer au sommet de l'État intervient dans un contexte de paralysie diplomatique. Les initiatives régionales portées par l'Union africaine, tout comme les médiations de Washington et de Doha, peinent à se concrétiser sur le terrain.
L'intervention de Kabila sonne comme un avertissement solennel. En se positionnant comme le recours pour redresser la barre d'un navire congolais en perdition, l'ancien président rappelle qu'il reste un acteur incontournable. Cette rivalité exacerbée pour le leadership de la paix tient en haleine une population congolaise meurtrie, qui attend toujours de voir si ces joutes verbales se traduiront par une véritable accalmie sur le front sécuritaire.
Sur le terrain économique, les indicateurs virent au rouge et alimentent la contestation sociale. Bien que la Banque mondiale affiche une croissance résiliente portée par les mines, cette richesse ne ruisselle pas. Plus de 72 % de la population vit sous le seuil de pauvreté extrême. Le chômage de masse, exacerbé par un secteur informel qui phagocyte plus de 95 % de la main-d'œuvre, asphyxie la jeunesse. L'inflation galopante, qui a culminé à 11,7 %, érode le pouvoir d'achat, tandis que le déficit budgétaire se creuse pour atteindre 2,6 % du PIB sous le poids des dépenses militaires.